Le Monde de… Thierry Marx

Thierry MarxExtrait de Geo Magazine, avril 2012.

Propos recueillis par Audrey Naît-Challal.

Depuis un an, il dirige les fourneaux du très chic Mandarin Oriental, restaurant étoilé à Paris. Juré de l’émission « Top Chef », dont la saison 3 vient d’être diffusée sur M6, ce ceinture noire de Judo est un infatigable voyageur.

GEO: Vous avez grandi dans un quartier populaire de Paris. Quels souvenirs en gardez-vous?

Thierry Marx:  jusqu’à mes 5 ans nous avons vécu avec mes parents dans une pièce unique, rue du Groupe-Manouchian, dans le 20éme, puis nous nous sommes installés à côté de la rue Ménilmontant. C’est à cette époque que le quartier est devenu cosmopolite. J’ai vu arriver les juifs tunisiens, les gens du Maghreb, de l’Afrique noire, puis de l’Asie du Sud-Est. Les échanges avec tous ces habitants m’ont donné le goût de l’ailleurs.

Et finalement, le rêve est devenu réalité…

L’été de mes 15 ans, je suis parti seul, sac au dos pour l’Espagne, qui était alors franquiste. Puis j’ai pris le train pour le Portugal. Assis sur le port de Lisbonne, je contemplais l’horizon et les cargos en espérant embarquer pour le Zaïre ou le Mozambique.

A 21 ans, vouv vous envolez pour l’Australie sans billet retour…

Je venais de passer tris ans dans la légion étrangère. Je ne me sentais pas à ma place en France. Sur un coup de tête, j’ai pris un vol pour Sydney. J’ai travaillé comme cuisinier pendant un an. Je logeais dans une pension. Ma chambre était monacale: juste un lit en fer, une armoire en bois, une table de chevet avec la bible dans le tiroir.

Votre cuisine est teintée de saveurs asiatiques. Vous rendez-vous souvent en Extrême-Orient?

Oui. Ma véritable passion, c’est le Japon, que j’ai découvert en 1993. C’était un fantasme de gamin: quand les autres raffolaient de westerns, moi je rêvais de samouraïs. J’ai tout de suite aimé la pudeur des habitants, leur sens civique. Les japonais ont un rapport quasi sacré à tout ce qui les entoure: la nature, la musique, mais aussi la nourriture. Aujourd’hui, j’y retourne régulièrement pour m’inspirer et pratiquer les arts martiaux. Quand je voyage en France, je n’ai de cesse de chercher des coins qui me rappellent les sentiments que j’ai éprouvés au Japon. Dans les forêts de hêtres du col d’Iraty (Pyrénées-Atlantiques), par exemple, je retrouve le silence et la solitude dont j’ai besoin pour me ressourcer et je peux contempler les bateaux qui longent le Banc d’Arguin (Gironde) pendant des heures et m’enivrer des effluves d’iodes.

Avec-vous encore des désirs d’ailleurs?

Ils ne me quittent jamais. Je pars dès que je peux. Je connais bien le Laos, la Birmanie, le Cambodge, j’ai très envie de découvrir le Brésil, la Bolivie, le Pérou, la Colombie pour y faire   des trecks. Le Népal, berceau du bouddhisme, et l’Inde m’attirent aussi. Cette année, je me suis rendu plusieurs fois dans le désert marocain pour me préparer au Marathon des Sables, qui va commencer dans quelques jours. J’aimerais avoir sept vies comme le chat pour avoir le temps de tout faire.

QUIZ VALISE:

Jamais sans? Ma trousse de toilette et de bonnes chaussettes.

Retour au? Col d’Iraty.

Voir et mourir? Paris. Pour regarder le soleil se lever au pied du Sacré-cœur.

I speak very well? Anglais et japonais.

Un week-end en amoureux? Le Lot. J’y allais en vacances enfant.

Une île? Mia-Shima, au Japon. Là bas, j’ai l’impression d’appartenir à la nature.

Mer ou montagne? Les deux, mais c’est la montagne qui me fait le plus de bien.

Orient-Express ou A380?  A380. Plus loin, plus vite.

Hôtel ou Camping? Hôtel. J’aime dormir dans la nature, mais j’ai horreur des campings.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les derniers jours de Stefan Zweig

Les derniers jours de Stefan ZweigLe 22 février 1942, exilé à Petropolis au Brésil, l’écrivain autrichien Stefan Zweig se suicide avec son épouse, Lotte. Le désespoir a eu raison du grand humaniste, acteur essentiel de la littérature européenne et témoin majeur de la première partie du XXe siècle.

En 2010, conjuguant réel et fiction, le roman de Laurent Seksik revisitait les six derniers mois de la vie du couple, entre nostalgie des fastes de Vienne et appel des ténèbres. Passés successivement par l’Angleterre et les États-Unis après avoir fui l’Autriche, Stefan et Lotte avaient cru fouler au Brésil une terre porteuse d’avenir. Mais c’était sans compter avec l’épouvante de la guerre.
L’évocation romanesque de l’exil brésilien des Zweig, de septembre 1941 à février 1942, devient une bande dessinée, magnifiée par le dessin intense de Guillaume Sorel. Laurent Seksik en a personnellement réalisé l’adaptation.

Les derniers jours de Stefan Zweig

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Sur les traces de Marilyn à Los Angeles

Extrait de M le magazine du Monde,

propos recueillis par Emilie Grangeray.

Anne Plantagenet

 

 

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L’art subtil du tir au but

Extrait du Monde Sport & Forme du 11 mai 2012.

Par Paul Smith.

Respirez un bon coup. Voilà ce que je dis à mes collaborateurs chaque fois qu’ils doivent prendre une décision importante. Prenez simplement le temps de respirer. Cela m’a évité de commettre pas mal d’erreurs et de me retrouver dans des situations que j’aurais pu regretter par la suite. C’est peut-être ce que font les footballeurs allemands avant de tirer un penalty. Cela expliquerait pourquoi ils sont si bons dans cet exercice.

Au cas où le résultat de la finale de la Ligue des champions, samedi 19 mai, resterait encore incertain au terme du temps additionnel, la plupart des gens seront probablement prêts à parier que le Bayern de Munich l’emportera sur Chelsea parce que le Bayern, même si certains de ses meilleurs joueurs viennent de France ou des Pays-Bas, est un club allemand. En demi-finale, dans les tirs au but, les joueurs du Bayern ont surpassé ceux du Real Madrid, dont deux superstars, Cristiano Ronaldo et Kaka, ont raté leur penalty.

En dehors de toute autre considération, ces échecs ont montré l’absurdité des montants qu’atteignent aujourd’hui les transferts : ces types, en somme, ne sont rien d’autre que des êtres humains. Et, bien entendu, ils faisaient face à Manuel Neuer, un très bon goal allemand.

Hanté par le souvenir de 1990

Le footballeur anglais Gary Lineker a déclaré un jour : « Le foot est un jeu très simple. Vingt-deux joueurs courent derrière un ballon pendant quatre-vingt-dix minutes et, à la fin, ce sont les Allemands qui gagnent. » Lineker aurait même pu préciser : ce sont les Allemands qui l’emportent aux penaltys ! Le buteur des Three Lions est encore hanté par le souvenir de cette soirée de l’année 1990, à Turin, au cours de laquelle l’Angleterre perdit la demi-finale de la Coupe du monde face à l’Allemagne après une pénible séance de tirs au but.

On peut se demander s’il n’existe pas une sorte de lien entre la façon d’aborder un penalty et l’efficacité – mélange de précision, de clarté et de bonne planification – généralement associée à l’ingénierie allemande. Mais cela risque de s’avérer aussi difficile à prouver que d’expliquer pourquoi quelques-uns des meilleurs joueurs de l’histoire du football moderne – parmi lesquels Michel Platini, Zico, Gianluca Vialli, Dennis Bergkamp et David Beckham – ont raté des penaltys dans des matchs cruciaux. Pas étonnant que les sportifs aient parfois recours aux psychologues.

Les joueurs de Chelsea et du Bayern seront amplement préparés à l’éventualité que la finale du 19 mai se termine par des tirs au but. Le sélectionneur Bobby Robson, qui avait emmené l’équipe d’Angleterre à Turin, exigeait trois choses d’un joueur chargé de tirer un penalty : qu’il décide de son tir, qu’il ne change pas d’idée et qu’il fasse ce qu’il a en tête.

Comme chacun sait, cela n’a pas toujours marché, et c’est peut-être trop demander en même temps à un joueur en train de positionner le ballon sur la marque blanche à 12 mètres des buts et de se préparer à l’instant qui pourrait sceller le destin de son équipe. Peut-être vaudrait-il mieux rester simple et lui conseiller de respirer un bon coup.

(Traduit de l’anglais par Gilles Berton)

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Le ministère de l’impondérable

Extrait du Monde Sport & Forme du 17 mai 2012

Par François Bégaudeau.

Si Montpellier est sacré champion de France ce week-end, ce ne sera qu’un sursis avant que nous tirions nos années de réclusion. De réclusion dans l’attendu. « Du PSG, on va en bouffer pendant sept ans », a dit dans ces colonnes le président Nicollin, hélas aussi digne de foi en l’occurrence que lorsqu’il promet une« branlette espagnole » pour fêter le titre.

L’avenir proche de la Ligue 1 est désespérément prévisible. Carburant au pétrole, le PSG sera champion plusieurs fois et donc systématiquement qualifié pour la Champions League qu’il finira par remporter le 23 mai 2018. Ce jour-là, les rues de Paris seront pleines de klaxons. Les supporteurs auront ce qu’ils savaient qu’ils auraient.

L’argent, dans le sport comme ailleurs, c’est le parti de l’ordre : il sécurise les compétitions, assure qu’elles se déroulent dans le respect des hiérarchies établies par… l’argent. En achetant les meilleurs joueurs ou l’arbitre, les écuries les plus riches s’emploient à abolir la glorieuse incertitude qui, dit-on, appartient à l’essence du sport. En somme, ils le dénaturent.

Généralisation de la terre battue bleue à tous les sports

Puisqu’il est resté sourd à notre suggestion (voir la chronique du 27 avril) de supprimer le ministère des sports, le pouvoir de gauche, a priori du côté des plus faibles, pourrait au moins le requalifier en ministère de la promotion de l’impondérable, dont le projet, applicable sine die, tient en quelques points :

- Inscription dans la Constitution, par réunion du Parlement, de l’interdiction de l’arbitrage vidéo. L’erreur d’arbitrage est parfois la chance du petit – c’est bien pourquoi le gros est un si constant militant de la vidéo.

- Dans le même esprit, suppression des formations d’arbitres au profit du recrutement par tirage au sort, une statistique providentielle assurant qu’un désigné sur dix est alcoolique.

- Réduction des effectifs à deux fois le nécessaire pour composer une équipe (foot : 22, hand : 14, etc.). Ainsi les blessures, que les bancs milliardaires parviennent à pallier par des effectifs pléthoriques, redeviendront des impondérables vraiment fâcheux.

- Interdiction des terrains couverts ou synthétiques, la météo étant parfois la meilleure amie du pauvre. Un terrain boueux et impraticable, quelle meilleure façon d’embêter une équipe pétrolière ?

- Considérant la réjouissante hécatombe qu’elle a provoquée chez les meilleurs au tournoi de Madrid, généralisons la terre battue bleue à tous les sports. Les nageurs réfractaires à plonger dans la terre battue bleue seront invités à mettre fin à leur carrière.

- Suppression des postes de techniciens. Un cycliste favori crève ou déraille au 3ekilomètre ? La course est terminée pour lui. Dix favoris crèvent ou déraillent ? Kévin Bernot, de l’équipe Minitel, a une chance de remporter Paris-Roubaix. Qu’on ne s’inquiète pas pour les personnels acculés au chômage technique : il leur sera immédiatement offert un diplôme d’arbitre dans un sport de leur choix, en corollaire de notre mesure no 2. On voit que notre politique de l’impondérable est cohérente, pensée, systémique. Il ne tient qu’à toi, François.

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…De se passer de smoking à Cannes ?

Le 15 avril 1953, à quelques heures de la cérémonie d’ouverture, Pablo Picasso fait parvenir un courrier inquiet à Jean Cocteau, le président du Festival de Cannes. Désireux d’assister à la projection, le soir même, du film d’Henri-Georges Clouzot, Le Salaire de la peur, Picasso craint qu’on lui en refuse l’accès, car il ne pourra respecter le dress code en vigueur. Il ne possède pas de smoking et ne souhaite pas en acheter un. En conséquence, il sollicite un traitement de faveur.

Dans l’après-midi, Cocteau répond à Picasso. Par amitié et admiration, il accorde à ce dernier une dérogation et le prie de se déplacer « dans sa tenue d’artiste ». Le soir venu, le peintre, accompagné de Françoise Gilot, son amie, se présente donc au Palais des festivals vêtu d’un costume ordinaire, en velours noir, et d’une pelisse en mouton particulièrement négligée. Superbe, car différent, Picasso ouvre ainsi une brèche retentissante dans le code vestimentaire cannois.

Celui-ci a pourtant une histoire et une raison d’être. En septembre 1946, la première édition du Festival se tient en effet dans l’ancien casino de la ville, où le port du smoking, comme dans tous les casinos de l’époque, est obligatoire pour les hommes. Cet impératif s’appliquera donc au Festival naissant, et à ses éditions suivantes, malgré les protestations du maire de la ville, un certain Jean-Charles Antoni, qui préférerait que les touristes « soient parfaitement à l’aise dans la ville la plus déshabillée du monde ».

Aujourd’hui, si l’exigence, sans plus de précision, d’une « tenue de soirée » permet aux dames d’assumer toutes les extravagances, de la robe lingerie de Madonna, en 1991, à la robe cygne de Björk, en 2001, en passant par toutes celles, particulièrement dénudées, de Victoria Abril, les hommes restent donc contraints. Alors qu’ils peuvent, comme l’indique le règlement du Festival, se contenter d’« une tenue correcte » pour les projections en journée, ils doivent se plier, pour les séances de gala organisées au Palais des festivals à 19 h 30 et à 22 h 30, au « port du smoking ».

Depuis Picasso, les tentatives visant à s’émanciper de ce dress code cannois n’ont pourtant pas manqué. Ainsi en 1977, à l’occasion de la projection de En route pour la gloire, l’acteur David Carradine monte les marches du Palais des festivals pieds nus, et, vingt ans plus tard, Bono, le chanteur de U2, se hisse à leur sommet en jean et casquette. Les plus attentifs se souviennent même qu’en 2010, une star de la télé-réalité baptisée Christophe Guillarmé, aperçu quelques jours dans une ferme, se vit refuser l’accès aux marches parce qu’elle portait une veste de costume de couleur orange.

Au fond, ici, ce n’est pas une question de vêtements, mais bien une question de personne. Car un choix vestimentaire passant chez un génie comme Pablo Picasso pour un trait d’extravagance légitime apparaîtra chez toute autre personne comme un caprice simplement destiné à attirer l’attention. Il en va toujours ainsi : on pardonne tout à ceux qui ne se pardonnent rien, et inversement.

Par Marc Beaugé. Illustration Bob London, extrait de M le magazine du Monde.

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Ils ont fait Facebook

Extrait du Monde.fr

 

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Le Moscou de Katia Metelizza

Katia Metelizza

Extrait du Monde Magazine, propos recueillis par Emilie Grangeray.

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J’irai dormir chez vous en Grèce

 

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J’irai dormir chez vous en Bolivie et au Pérou

 

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