Nom de code : « Moonrider», Guillaume Prébois

Moonrider, Guillaume PréboisPendant que le peloton du Tour de France s’attaque aux Alpes, Guillaume Prébois file seul vers la Lune. Après avoir bouclé, pour Le Monde, l’« Autre Tour », un jour avant les coureurs en 2007, le « Tour du monde en 80 jours » en 2009 et un « Tour en France » en 2010, le « journaliste recyclé, au sens propre du terme » s’est lancé, à 39 ans, « l’âge de Lance Armstrong », dans un dernier défi. Nom de code : « Moonrider ». Mission : parcourir, en dénivelé, la distance moyenne qui sépare la Terre de la Lune. Soit 385 000 mètres à grimper. L’équivalent de 37 fois l’ascension de l’Everest ou des pentes cumulées de sept Tours de France.

Guillaume Prébois a déjà escaladé 345 000 m et devrait toucher à son objectif dans un peu moins d’un mois. Depuis le 1er janvier, à raison de six jours de bicyclette par semaine, il a avalé plus de 200 cols et gravi tous les sommets d’Europe à plus de 2 000 m d’altitude. A la fin de la semaine, il s’attaquera au Gavia et au Stevio, les deux cols les plus élevés d’Italie, et terminera sa mise sur orbite par une double ascension du Zoncolan. « Un col mythique du Giro, réputé le plus dur d’Europe, où mêmes les coureurs professionnels se font installer un braquet spécial pour dompter des pentes à plus de 15 % », détaille Guillaume Prébois, dont les internautes peuvent suivre la progression sur le site homonyme.

Lors de son périple, il a aussi donné des coups de pédales dans plusieurs cols inscrits au parcours du Tour de France 2011. Il a grimpé l’Izoard et le Galibier – que les coureurs escaladeront jeudi 21 et vendredi 22 juillet – par les deux versants. Pour lui, le col le plus difficile de cette Grande Boucle est celui d’Agnel, dont le sommet culmine à 2 740 m et que le peloton trouvera sur son passage lors de la 18e étape vers Serre-Chevalier. « Les dix derniers kilomètres du col sont à 10 % mais il est très mal placé. Il va être escamoté car c’est la première ascension de l’étape », pronostique Guillaume Prébois.

« Repousser ses limites »

« La montagne française est plus douce que les montagnes italiennes ou espagnoles où on peut trouver des murs à 20 % en pleine montée, juge-t-il. C’est pour ça que les vrais grimpeurs sont pénalisés sur le Tour de France où les coureurs peuvent monter sur le «grand plateau». »

Ce fou de la petite reine, dit, lui, monter les cols « entre 80 % et 90 % de son maximum » car, « comme Pantini disait : «je monte les cols le plus vite possible pour que la douleur cesse le plus rapidement possible» ». Définitivement maso, Guillaume Prébois ? « Le but de tout ça est de montrer que l’on peut repousser très loin ses limites, sans même prendre de vitamine C. » Et comme il lui reste encore un peu de force, Guillaume Prébois pousserait bien la grimpette jusqu’à 410 000 m, la distance la plus éloignée entre la Terre et la Lune. Soit huit Tours de France. Un de mieux qu’Armstrong. Le coureur, pas l’astronaute.

Stéphane Mandard, journal Le Monde.

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