A peine arrivé et déjà sur le départ !

Additionner les jours fériés aux week-ends et aux RTT pour augmenter le nombre de ses congés payés réclame méthodologie et organisation.

Traversant, en ces premiers jours de septembre, sa classique dépression postvacances, Michel Gauthier, le responsable des achats de Mafflier SA, se focalise sur sa deuxième spécialité : « optimiser » son temps de travail pour la saison 2011-12.

Le site joursferies.fr constitue la première étape de son projet, avec son tableau synoptique des jours chômés sur plusieurs années. Gauthier, qui a habilement terminé ses vacances le lundi 15 août au soir, sait qu’il n’a rien à espérer avant novembre. Pas mal du tout, la Toussaint tombe un mardi (un jour de congé = quatre jours de break) et le 11 un vendredi (et hop, un week-end de trois jours). Puis vient la fin d’année. Pourrie. Noël et le jour de l’an ? Un dimanche. Mais, en vieux routier de la réduction du temps de travail, Gauthier sait que le plus gros potentiel est à espérer au mois de mai. Un vrai feu d’artifice. Fête du travail, un mardi ; Ascension, un jeudi ; lundi de Pentecôte. Deux jours de RTT et c’est parti pour trois de ces grands week-ends qu’il classe en deux catégories : « les ponts des soupirs » -un jour férié directement accolé à un week-end -et « les viaducs de Millau » -un exercice plus technique qui consiste à obtenir le plus grand temps chômé en posant le moins de jours de RTT possibles.

Vive l’OTT

Tout est consigné dans un fichier Excel intitulé OTT, pour « optimisation du temps de travail ». Il restera à poser ses jours au fur et à mesure dans le logiciel maison, juste assez tôt pour éviter des arbitrages avec son collègue Roberto. Premier inscrit, premier servi.

Gauthier peut passer à l’étape suivante : les congés exceptionnels, le gros coup. Là, il préfère s’informer directement à la source, sur le site du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé. Il passe en revue les différentes formes de congés instituées par le législateur. Sans solde ? Et puis quoi encore… ? Congés pour événements familiaux ? A part le mariage de ses enfants dans une dizaine d’années, sa vie familiale est un non-événement. Congé pour catastrophe naturelle ? Hum, hum… Le congé pour création ou reprise d’entreprise ou participation à la direction d’une jeune entreprise innovante l’intrigue. Mais il débusque vite l’arnaque : prendre un congé sans solde ou un temps partiel pour travailler sans compter dans une autre entreprise n’a aucun sens. Il décide donc de creuser, sans trop y croire, la piste du compte épargne-temps (CET).

Mais au fond, Gauthier sait bien que son salut est du côté de la politique. Même s’il est fondamentalement de droite -il a longtemps admiré Jean-Pierre Raffarin jusqu’à la quasi-suppression du lundi de Pentecôte comme jour férié -, il compte sur la victoire de Martine Aubry, la dame des 35 heures. Elle sera désormais son plus grand espoir d’OTT.

Extrait des échos magazine

ERIC VILLEMIN

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