Au bureau, être aimable ne paie pas

Odieux

 Pour être augmenté, soyez odieux. C’est la conclusion d’études américaine et anglaise qui lient impolitesse et haut niveau de salaire.

Les gentils finissent-ils les derniers ? La réponse est oui, selon une enquête menée par des chercheurs des universités de Notre Dame (Indiana) et de Cornell (New York). Au bureau, la gentillesse ne paie pas. Les hommes qui s’expriment vertement gagnent en moyenne 18 % de plus que ceux qui se montrent conciliants. Un homme agréable ne renvoie pas une image très masculine, commentent les auteurs. Sans s’en rendre compte les managers embauchent et récompensent les goujats, fait remarquer l’un des chercheurs dans le Wall Street Journal. Apprécié mais fauché ou détesté mais riche, il faut choisir. Il y a deux ans, une étude anglaise était, elle aussi, arrivée à la même conclusion.

Le monde de l’entreprise -continue pourtant à rêver de courtoisie, selon une enquête internationale réalisée par Regus, leader mondial de l’aménagement d’espaces de bureaux. Surtout en France : pour 68 % des salariés, le respect représente la principale source de satisfaction au bureau. Soit 7 points de plus que la moyenne mondiale. Ils sont particulièrement sensibles au compliment verbal, au « bonjour » le matin et à l' »au revoir » de fin de journée. Cette leçon de savoir-vivre semble s’adresser aux hommes.

Chez les femmes, l’impolitesse n’aurait jamais beaucoup rapporté, à part une vilaine réputation. Mais est-ce si sûr ? L’étude nord-américaine révèle que les rustres (au féminin) ne percevraient que 5 % de salaire en plus. Amy Reiter, écrivaine, a tenté l’expérience : du jour au lendemain, elle a cessé de dire merci ou de conclure ses courriels par des formules de politesse et banni toute forme d’excuses. A l’image de son patron, elle est devenue froide et odieuse. Les effets ont été immédiats : sur le site Daily Beast, elle affirme dans un récit posté fin octobre avoir enfin gagné le respect de ses collègues et de ses supérieurs. Sa rémunération a été revue à la hausse et elle a finalement décidé de créer sa propre entreprise.

Louise Couvelaire   Extrait de M le Magazine du Monde.

 

 

 

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