Le Tigullio de Pippo

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Encore l’Italie….. il fallait combiner bref séjour, proximité de la France, mer ou lac, lieu jamais visité. La Ligurie est apparue très vite comme un point de chute judicieux. Plus particulièrement le Tigullio, petite province entre Gênes et Cinque Terre.  … Lire la suite

Dépoussiérage à l’italienne

Extrait du journal LE MONDE CULTURE & IDEES. 

Par Philippe Ridet (Rome, correspondant)

Nommé ministre des activités et des biens culturels et du tourisme par Matteo Renzi en février 2014, Dario Franceschini a subi un rude baptême du feu : à peine cet homme de 56 ans avait-il pris possession de ses locaux de la via del Collegio Romano, à Rome, que, 200 kilomètres plus au sud, à Pompéi, quelques pierres d’un arc du temple de Vénus et un mur de la nécropole de Porta di Nocera s’écroulaient, braquant une nouvelle fois les projecteurs des médias sur la fragilité du site antique et le peu de moyens mis à sa disposition par l’Etat pour son entretien et sa restauration. Quelques jours plus tard, c’est le ministre lui-même qui flanchait, frappé par une crise cardiaque. C’est dire si ce ministère est soumis à la pression.

Bien remis, assis sur un canapé dans son vaste bureau, barbu comme il faut l’être aujourd’hui, Dario Franceschini a pris la mesure de l’énormité de sa tâche dans un pays qui concentre 49 sites classés au Patrimoine mondial de l’Unesco et des chefs-d’œuvre à tous les coins de rue. « Je suis à la tête du ministère du développement le plus important du pays, dit-il. Le XXsiècle a été marqué par le boom économique. Le XXIe sera celui de notre capacité à tirer profit de nos trésors. »

« L’art est le pétrole de l’Italie »

Cette phrase, ou ses variantes, nous l’avons souvent entendue dans la bouche de tous les ministres de la culture italiens : « L’art est le pétrole de l’Italie », « Notre patrimoine est notre première richesse », « Notre attraction touristique nous sauvera de la crise »… Mais malgré ces belles proclamations, les chiffres sont têtus. L’Italie n’occupe que le cinquième rang des destinations les plus prisées par les touristes (derrière la France, les Etats-Unis, la Chine et l’Espagne), avec 46 millions de visiteurs. Il faut descendre à la 21place pour trouver la trace d’un musée italien dans la liste des 30 établissements les plus fréquentés du monde, celui des Offices, à Florence, avec 1,7 million de visiteurs par an, loin derrière le Louvre (9,7 millions), le Metropolitan de New York (6,1 millions), le British Museum (5,5 millions) et les musées du Vatican (5 millions).

« Notre système est celui du musée diffus sur tout le territoire », revendique Dario Franceschini. Une rupture avec ses prédécesseurs, qui lorgnaient plutôt vers le système français ou anglo-saxon, fait de grands pôles nationaux qui aspirent la quasi-totalité de la fréquentation. L’Italie compte environ 4 000 lieux d’expositions en tout genre, dont 400 sont gérés par le ministère de la culture. Trop ? « C’est le fruit de notre histoire », réplique le ministre.

Héritage du « campanilisme », l’esprit régionaliste de la Péninsule, et de la gestion décentralisée de l’Etat, nombre de ces musées sont pourtant peu visités en regard des trésors qu’ils abritent. Exemple emblématique : celui d’Aidone, en Sicile, qui abrite la déesse de Morgantine, statue antique du Ve siècle avant notre ère « trouvée » par des pilleurs de sites archéologiques, puis vendue aux Américains du Getty Museum de Los Angeles, dont elle était la star, et revenue mener une vie discrète en Sicile pour la joie égoïste d’une quarantaine de visiteurs par jour.

Immobilisme des surintendances régionales

Par le passé, d’autres ministres ont tenté de concilier ce maillage muséal unique au monde avec une plus grande rentabilité. En novembre 2008, Sandro Bondi avait nommé un manager de McDonald’s, Mario Resca, en lui donnant pour mission de faire « fructifier » le patrimoine italien. Bravant le mépris des intellectuels et des historiens de l’art, celui-ci a tenté ici d’imaginer de nouveaux parcours d’exposition pour fluidifier les visites, là d’ouvrir une cafétéria ou une librairie, ailleurs de concevoir des systèmes de billetterie permettant des visites groupées de plusieurs musées dans une même ville. Mais faute de moyens et du soutien de la profession, il n’a pu venir à bout de l’immobilisme des surintendances régionales, où les fonctionnaires, tous historiens de l’art ou archéologues bardés de titres universitaires, règnent en maîtres. « Resca s’est occupé de promotion, dit-onvia del Collegio Romano. Nous nous attaquons aux structures. »

Pour venir à bout du conservatisme des conservateurs, Dario Franceschini a décidé de séparer les activités de tutelle de la promotion des œuvres, et donc de leur rendement financier. Les pouvoirs des directeurs de musée vont être élargis de façon à leur permettre une plus grande autonomie de gestion. Enfin, cerise sur le gâteau, vingt musées et sites archéologiques, allant de la Galerie Borghèse, à Rome, au parc antique de Paestum, en passant par la pinacothèque Brera, à Milan, vont être administrés par des dirigeants choisis sur dossier pour une durée de quatre ans, et non plus en fonction de leur carrière au ministère de la culture ou de leurs bonnes relations avec des élus locaux…

« Il faudrait du sang neuf »

Autre première, les candidats – qui ont jusqu’au 15 février pour déposer leur dossier – pourront être étrangers du moment qu’ils ont les compétences requises. Une prime de résultat pouvant aller jusqu’à 40 000 euros complétera leur salaire de 145 000 euros annuels. Les premières nominations sont attendues le 1er juin.

Ex-surintendant des musées d’Etat de Florence, directeur des musées du Vatican, Antonio Paolucci a qualifié cette réforme d’« imbécillité ». Selon lui, elle mettrait en danger de disparition toute une génération d’experts italiens dans le seul but de faire entrer plus d’argent dans les caisses de l’Etat. Pourtant, cette fois, la polémique n’a pas vraiment pris. Historien, président du comité scientifique du Musée du Louvre, Salvatore Settis partage en partie les doutes de son collègue, mais il crédite Dario Franceschini d’une « vraie vision ». « Le problème, dit-il, n’est pas d’avoir des directeurs de musée qui soient aussi des managers… mais il faut savoir que l’âge moyen des employés est de 56 ans. Il faudrait du sang neuf, parce que sans personnel adapté, un directeur ne fait rien. Mais c’est une question d’argent. »

Hausses vertigineuses sur certains sites

Or de l’argent, Dario Franceschini n’en a pas ou presque pas. Tout au plus, ce ministre écrivain – son roman Dans les veines ce fleuve d’argent a été publié en France par Gallimard en 2008 – peut-il se flatter du fait que le budget de son ministère (moins de 0,2 % de celui de la nation) est resté inchangé. Mais il peut déjà se targuer d’un premier succès. En juin 2014, il a pris deux décisions : rendre payante l’entrée des musées aux plus de 65 ans, jusqu’alors exemptés de tarif à la grande joie des touristes retraités et aisés, et ouvrir gratuitement, un dimanche par mois, les musées nationaux. Ces mesures ont produit simultanément une progression du nombre des visiteurs de 6,2 % (soit 40,2 millions de personnes) et des recettes de 7 % (soit 8,7 millions d’euros).

Ces bons résultats s’ajoutent à d’autres, déjà observés. Les statistiques du ministère font ainsi apparaître des hausses vertigineuses sur certains sites. Ainsi, entre 2013 et 2014, le palais ducal de Mantoue (Lombardie) a reçu 26,3 % de visiteurs supplémentaires. Des bonds qui sont parfois liés à l’exposition de nouveaux trésors, comme au Musée Magna Grecia (Musée national de la Grande Grèce), de Reggio de Calabre, qui, depuis que les célèbres Bronzes de Riace ont retrouvé leur place, enregistre une hausse de sa fréquentation record de… 1 601 % !

Exposition universelle de Milan

« L’Italie tourne une page », explique encore Dario Franceschini. Fort de ces premiers résultats, il entend désormais profiter de l’ouverture, le 1er mai, de l’Exposition universelle de Milan pour pousser son avantage. Vingt millions de touristes sont attendus dans la capitale lombarde pour cet événement qui, à ce jour, a surtout fait parler de lui en raison d’appels d’offres truqués et d’infiltrations mafieuses. Le ministre veut en profiter pour attirer quelques-uns des visiteurs à la découverte des beautés artistiques de l’Italie.

Il aura fort à faire : selon une étude, dont le ministère fait grand cas, basée sur le trafic téléphonique des touristes étrangers, seuls 15 % d’entre eux dépassent Rome au cours de leur voyage. « Nous avons trop de visiteurs à Venise et pas assez à Naples », déplore le ministre, qui compte sur le site Web Verybello.it, mis en service en janvier, pour présenter la liste de toutes les manifestations culturelles organisées dans la Péninsule pendant les six mois que durera l’Exposition universelle. Suffisant pour inverser la tendance ? « La passion pour l’art ne suffit pas pour être un ministre de la culture, souligne M. Franceschini. Il faut y croire. Ce n’est pas seulement un devoir moral, mais un choix économique. »

La tenue de plage… à Capri

Extrait de M le magazine du Monde. Par Marc Beaugé.

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CAPRI ÉTANT FINI DEPUIS LONGTEMPS, nul ne devra s’émouvoir, au moment d’accéder à l’île de la baie napolitaine, de découvrir une foule de touristes ordinairement affublés de débardeurs, de bananes, de tongs, de lunettes de soleil à clips, de jeans délavés, de maillots de bain fluo à fleurs, de tatouages maori, et accessoirisés, en travers du torse ou de la poitrine, d’un appareil photo à grand objectif. Mais nul ne sera contraint de valider cette chienlit en s’abaissant à son niveau d’inélégance.

Au-delà de sa pollution touristique, l’île de Capri devrait imposer à chacun, de par sa beauté naturelle, louée par les Romains dès l’Antiquité, de se tenir un peu et de rendre un hommage posthume à un style qui fit de cette île, à une époque, un îlot d’élégance. Au mitan des années 1950, alors même que naissait un peu partout une dégaine urbaine et jeune (les minets du Drugstore en France, les Teddy boys puis les mods en Angleterre, les étudiants preppy aux Etats-Unis), Capri inventa en effet le style Riviera. Ainsi, sous le soleil et sur les rochers, les couleurs étaient pastel, les pantalons blancs, les vestes légères et claires, les polos ajustés, les têtes chapeautées, les mocassins portés pieds nus, les matières naturelles, les coupes droites, les maillots de bain raccourcis, les corps bronzés, les scooters rutilants et la distinction naturelle. A cette époque-là, même le port, par les femmes, du pantacourt, appelé Capri par les Anglo-Saxons en raison de sa popularité sur l’île au début des années 1960, avait un certain panache. C’est dire.

L’émergence d’une telle élégance sur une si petite île, longue de 6 km et large de 3, ne relève pas complètement du hasard. Au-delà du soleil, de la beauté du cadre et du standing des touristes de l’époque, Capri se caractérise par ses criques, ses piscines, ses plages de galets minuscules, et son absence de plage de sable. Ainsi, à Capri, personne n’a jamais eu de sable dans les espadrilles, les cheveux, le fond du maillot de bain ou dans les yeux, après une rafale de vent.

Puisqu’il est infiniment plus simple d’être élégant loin des désagréments sablonneux, chacun devrait donc pouvoir fournir les efforts nécessaires pour se montrer digne de ses devanciers. Sans aller jusqu’à imposer le costume croisé de couleur crème tel que le portait Michel Piccoli sur le toit de la Villa Malaparte, dans Le Mépris de Godard, nous suggérons qu’à Capri, chacun remplace son tee-shirt par un polo, son caleçon de bain par un short de bain et troque au passage sa paire de tongs pour une paire d’espadrilles. C’est le moins que l’on puisse faire.

L’Eroica, peloton vintage

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Pour découvrir le diaporama, cliquez sur une photo. CHAQUE ANNÉE EN OCTOBRE, L’EROICA RASSEMBLE DES FONDUS DE BICYCLETTES SUR LES ROUTES DE TOSCANE. EN SELLE POUR CETTE COURSE AU DOUX PARFUM VINTAGE EN COMPAGNIE D’ALLUMÉS QUI ESSAIENT DE NE PAS … Lire la suite

Un ogre venu d’Eataly

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Extrait de M le magazine du Monde. Par Julie Pecheur.

Le Piémontais Oscar Farinetti.

Deux semaines après son inauguration à Manhattan en 2010, les médias locaux faisaient toujours état de la file d’attente qui s’étirait devant l’entrée du magasin. Jamais pâtes, mozzarella et prosciutto n’avaient semblé si désirables. Ni un hypermarché si sexy. Aujourd’hui, le succès de cette gigantesque épicerie de produits italiens, entre la 23e Rue et la Ve Avenue, ne se dément pas : plus de 10 000 visiteurs s’y pressent chaque jour, du touriste à l’habitant du quartier. La plupart d’entre eux sont persuadés qu’Eataly, avec son habile combinaison de mot anglais, est un enfant du pays.

Pourtant, malgré sa démesure et son nom, ce concept-store culinaire – sept restaurants, un toit terrasse réservé à la bière locale et une école de cuisine – est une invention italienne, née près de Turin. C’est là qu’Oscar Farinetti, homme d’affaires piémontais, a ouvert le premier magasin en 2007. Sept ans plus tard, son entreprise en compte huit en Italie – le dernier, 5 000 mètres carrés sur trois étages, a ouvert en mars à Milan. Surtout, elle essaime bien au-delà de la Péninsule : on compte neuf Eataly au Japon, un à Chicago, un à Istanbul, et bientôt Sao Paulo et Moscou… Avec ce déploiement, le chiffre d’affaires, qui devrait atteindre 400 millions d’euros cette année, a presque doublé en deux ans. Et malgré la morosité économique, les ventes augmentent de 4 % en Italie, 5 % à New York, 10 % au Japon…

Le concept-store sur la Ve Avenue à New York.

« VIVRE MIEUX »

Et l’Hexagone ? Les Français n’ont-ils pas depuis belle lurette épousé la roquette et le parmesan ? Ne sont-ils pas en train de se convertir à la burrata ? De sécher leur porte-monnaie pour quelques tomates qui le sont tout autant ? « Nous essayons de trouver le bon endroit à Paris », assure Dino Borri, directeur d’Eataly aux Etats-Unis et responsable des achats des produits à travers le monde. Il ne parlera pas « coût du travail », « vieille Europe », « économie en berne », mais em-pla-ce-ment. C’est le maître mot.

Car, même à Rome, pourtant allergique aux grandes surfaces, Eataly a réussi en 2012 son implantation : un temple de 17 000 m2 sur quatre étages proposant 14 000 produits, 23 restaurants, 8 salles de classe… Certains dénoncent un « Disneyland de la bonne bouffe » à cause de son gigantisme et son côté « bien, beau, bon sous tous rapports », mais les clients adorent. « Les journalistes du monde entier me demandent quand nous allons ouvrir dans leur ville. Mais il est impossible d’aller plus vite. Pour maintenir la qualité de notre approvisionnement nous devons avancer doucement. »

Le Piémontais Oscar Farinetti a lancé son concept-store à Turin.

Qui va piano va sano… Eataly collabore donc avec Slow Food, le mouvement lancé par un autre Piémontais, Carlo Petrini (ami de Farinetti), et épouse son militantisme pour la production locale raisonnée et l’éducation des papilles. Car Eataly est une puissante machine qui mélange les tendances et capitalise sur l’air du temps – le local, le respect, la conscience et l’hédonisme. Ce sont des lieux qui ont une « philosophie », en l’occurrence : « Manger nous aide à vivre mieux ».

On y achète et consomme sur place les meilleurs produits italiens et ce qui se fait de mieux aux alentours de chaque magasin. On peut apprendre la cuisine et développer sa conscience de consommateurs dans les salles de classe où officient spécialistes ès fromages et chefs étoilés. « Quand on entre dans Eataly, il y a une énergie étonnante que l’on ne retrouve pas ailleurs dans la ville, résume Carol Berens, une New-Yorkaise et cliente occasionnelle. On se croirait dans les vieilles halles de marché que vous aviez en France. » Avec son air bonhomme, Eataly est sans doute en train de révolutionner la distribution alimentaire de qualité.

Cartes postales d’Italie par Charles Traub

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Extrait de M le magazine du Monde, par Charles Traub. La première fois que je suis allé en Italie, c’était dans les années 1970, pour des raisons assez banales : je voulais découvrir ses merveilles, et particulièrement l’art de la Renaissance. … Lire la suite