CHACALTAYA (+5300 M), TOIT DE L’AMÉRIQUE

 

Ce devait être une rude journée. Elle le fut. Départ matinal pour éviter les orages d’après-midi. 38 km de montée dont 25 de piste (vraiment mauvaise dans les 15 derniers km). Il faut au moins 10 jours pour s’acclimater à 4000m selon les scientifiques. J’ai tenté le tout pour le tout après seulement 4 jours à La Paz. Chacaltaya est une route dangereuse, éloignée de tout, où passent 4 ou 5 voitures par jour. Le final m’a surpris. Caillasse et pourcentages salés, virages relevés comme dans le Grand Huit. L’altitude, qui coupe le souffle et endort les réflexes, est probablement à l’origine de ma chute à 10km de l’arrivée. Portion étroite et chaotique, précipice à droite. Ma roue avant saute sur une pierre, je frôle le ravin, cherche à déchausser, je n’y arrive pas. En tombant à terre, je reçois de plein fouet le guidon dans la bouche : lèvre supérieure éclatée et dent cassée. Je reste au sol 2 minutes, groggy. Puis je repars, et je m’accroche jusqu’au sommet, incapable de maintenir ma cadence de pédalage habituelle, en équilibre précaire, sonné. L’ascension de Chacaltaya est exigeante, elle réclame au total entre 3h30 et 4h d’effort entre 3500 et 5300 mètres, sur des chemins de pierres.

Au sommet, un gardien tient un petit refuge. J’ai combattu le mal des montagnes avec une infusion de feuilles de coca, mais c’est à chaque fois dans un état fébrile que je redescends, nausée et maux de tête violents. De frêles flocons ont commencé à tomber quand je suis reparti.

Vous lirez tout cela dans le reportage HighRoads qui sera publié sur Le Monde en 2013. Rendez-vous en novembre pour un autre sommet, en Océanie.

Merci à tous de vos encouragements.

Guillaume Prébois.

 

 

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