Comme les cinq doigts de la main

 

 

Synopsis:

Ils sont cinq frères semblables et pourtant différents, élevés par une mère devenue veuve trop tôt. L’un d’eux s’était éloigné de la famille, lorsqu’il réapparaît, poursuivi par un gang de trafiquants, il se réfugie parmi les siens en leur révélant un secret. Les cinq, ensemble, vont trouver l’énergie de se défendre et le moyen de venger la mémoire de leur père assassiné…

 

Critique:

 

Extrait du monde.fr, Par Jacques Mandelbaum.

Après avoir joué comme jeune acteur dans le film engagé Avoir 20 ans dans les Aurès, puis dirigé le théâtre de Suresnes, Alexandre Arcady a changé son fusil d’épaule en passant à la réalisation. Relatant, pour la première fois sans doute dans le cinéma français, l’histoire contemporaine d’un judaïsme séfarade brutalement coupé de ses racines maghrébines, il n’a eu de cesse d’en célébrer l’épopée ethnico-familiale sous la forme d’un cinéma de genre dont Le Parrain, de Francis Ford Coppola, demeure le lointain modèle.

Le diptyque du Grand Pardon (1982 et 1992) forme dans son œuvre une matrice, dont s’inspire très largement son nouveau film. A tel point qu’on pourrait voirComme les cinq doigts de la main, dont l’action se déroule entre Paris et Marseille, comme une possible suite de ces deux opus. Rangée des voitures, la famille Hayoun est pour l’essentiel constituée de la mère (Françoise Fabian), une veuve inconsolable à la santé fragile, et de ses cinq fils. Dan (Patrick Bruel), l’aîné, propriétaire fier et prospère d’un restaurant chic. Jonathan (Pascal Elbé), pharmacien joueur et timoré. Julien (Eric Caravaca), enseignant modeste et intègre, l’intello gauchiste de la bande. David (Vincent Elbaz) dont l’ancienne rivalité avec Dan le désigne comme le mouton noir de la famille, petit escroc par lequel la foudre va s’abattre sur les Hayoun. Il y aussi Michael (Mathieu Delarive), dont on soupçonne au regard de son rôle que la présence est surtout motivée par la nécessité de trouver le nombre de doigt nécessaire à la métaphore du titre.

 

David, qui n’a pas revu la famille depuis de longues années, refait soudainement son apparition, avec à ses trousses un truand gitan auquel il a subtilisé une forte somme et qui menace à présent de liquider toute la fratrie. En dépit de la vie bourgeoise à laquelle elle s’est accoutumée et des vieilles jalousies entre Dan et David dont une belle Italienne devenue la femme du premier est l’objet, les vieux réflexes reviennent vite devant le danger : la famille, entre un Shabbat chez maman et un chromo synagogual, fait bientôt bloc contre le Gitan.

Par delà cette solidarité consanguine, qu’Alexandre Arcady est assez intelligent pour troubler in fine par la révélation shakespearienne d’un abject secret de famille, la hiérarchie des valeurs qui dimensionnent l’univers du film est instructive. Le personnage central interprété par Patrick Bruel en est ainsi le maître-étalon dans le premier cercle, celui de la famille nucléaire : réussite sociale, tempérament de feu, séducteur-né, ex-tireur d’élite de Tsahal et actuel possesseur d’un hôtel particulier à Neuilly où il gare son luxueux 4X4 de couleur noire.

Le deuxième cercle est celui de la solidarité maghrébine reconstituée en dépit des vicissitudes historiques : un vieux domestique arabe fidèle à la famille, grâce auquel des armes de destruction massive seront achetées auprès d’un réseau d’islamistes radicaux, et une jeune commissaire de police beur, qui propose aux Hayoun une alliance méditerranéenne qui court-circuite la loi de l’Etat. A l’extérieur du cercle : le Gitan, sans foi ni loi, sans feu ni lieu, sans famille et sans patrie, pire qu’un animal.

Il serait bien sûr ridicule de demander raison à la transfiguration cinématographique d’Alexandre Arcady au nom d’une quelconque autorité sociologique. Reste que la vision du monde qui transparaît dans ce film se révèle, sur le plan de l’art comme sur celui de la mythologie, plus que jamais à côté de la plaque, engluée par la désuétude de ses clichés, à défaut d’atteindre la grandeur des archétypes.

 

Mon avis:

 

Au hasard d’un zapping dominical, mon choix c’est porté, un peu par défaut, sur ce nouvel opus d’Arcadie. J’avais plus ou moins apprécié la saga « grand pardon »; l’union sacré , pour Sacha, et même « K ». Alors pourquoi ne pas tenter celui là, ne serait-ce que pour sa distribution alléchante, tout en se préparant aux clichés « arcadiens ».

Ce fut une très agréable surprise. Le scénario est abouti, l’intrigue bien ficelée. On ne s’ennuie pas une seconde! Il y a certes quelques faiblesses ici ou là ( le personnage de Caterina Murino, quelques stéréotypes sur les juifs, les arabes propres à Arcadie).

Mais l’essentiel est là. Le film est efficace, plaisant. Un très bon film du dimanche soir…

Une mention spéciale pour Pascal Elbé, parfait comme souvent.

Ma note: 13/20.

 

 

 

 

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