En Italie, la colère des « bamboccioni »

 Les jeunes, tous réfugiés dans les jupes de leurs mères ?

Par Danielle Rouard, extrait de M le magazine du Monde.

Une véritable révolte vient d’éclater sur Twitter et d’autres sites contre les déclarations du gouvernement de Mario Monti traitant d’ » illusion «  l’obtention d’un emploi à durée indéterminée, d’ailleurs considéré comme…  » monotone «  par le président du conseil italien. La colère de milliers de jeunes internautes prend des allures de conflit de générations autour du travail.

En revendiquant leur préférence pour un emploi fixe  » quitte à gagner moins « , la plupart d’entre eux mettent en exergue les dégâts collatéraux liés à un travail précaire.  » Cela signifie : pas d’emprunts, pas de famille, pas de vacances, pas de 13e mois, pas d’assurance « , insiste un internaute. Les jeunes Italiens sont d’autant plus excédés que, parmi les plus hautes autorités, certains les traitent volontiers de  » bamboccioni « . Autrement dit, de grands bébés attardés dans les jupes de la mamma. La ministre de l’intérieur ne s’en est-elle pas prise à  » ceux qui n’acceptent qu’un travail près de leur mère «  ?

Sur le Web, la coupe déborde.  » Ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement s’en prend à nous « , explique un internaute, qui se souvient qu’en 2001 le ministre de l’économie inventa ce vocable méprisant de bamboccione. En Italie,Tanguy (2001), le film d’Etienne Chatiliez, connut un énorme succès. Au centre des chats, c’est un autre héros dont il est question : Candido Neve, personnage sorti de l’imagination du romancier Marco Bosonetto en 2008. Celui-ci  » erre en pleine nuit en pyjama dans Turin, alors que le bataillon de policiers spécialisé dans « la campagne pour l’éradication de l’adolescence prolongée » fait le ménage dans les familles « 

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