J’aime la galette, savez-vous comment ?

Les fêtes sont loin, mais pour égayer le mois de janvier rien de tel que tirer les rois… A chaque service son rituel et ses têtes couronnées.

Comme pour le processus budgétaire, c’est généralement la DAF qui tire en premier. Le rituel obéit à un rétroplanning aussi rigoureux qu’immuable : dès le retour des vacances de Noël, Epifanny « lance » l’enveloppe dans le service -elle s’appelle en fait Fanny Petitdemange mais le coeur qu’elle met à l’ouvrage lui a valu ce surnom largement employé, y compris en sa présence. En bonne responsable du recouvrement, elle se charge aussi de mettre une pression cordiale mais ferme sur les radins et les retardataires (ce sont souvent les mêmes).

Aussitôt, Nadia, la fabophile du service (du latin faba, fève, collectionneur de fèves de galette des Rois), choisit avec un soin particulier « ses petits trésors », comme elle les appelle.

A J-1, Gomez commande les galettes chez un boulanger de sa connaissance. « La meilleure galette de la ville », prétend-il, ce qui reste à prouver étant donné la ténuité de la garniture frangipane. Il n’omet pas de lui remettre les fèves choisies par Nadia.

Une année sur deux, Prigent fournit le cidre -un AOC de Cornouailles -en stricte alternance avec Marc Levasseur, le Normand du service.

A 17 h 00 le jour J, tout est prêt, y compris Hervé, le roi du caméscope, qui se charge d’immortaliser la fête.

A noter pour cette édition 2011 : Nadia, sacrée reine, a récupéré sa fève ; Levasseur a critiqué le cidre de Prigent (ils inverseront les rôles l’an prochain) ; Gomez et Epifanny ont longuement discuté qualité/prix.

Au service commercial, l’approche est bien moins communautaire : Le Guilloux, grand prince, régale. Le cidre fait place au Krug Grande Cuvée et les fèves se muent en louis d’or, histoire de motiver les troupes. Car dans l’esprit de Le Guilloux, le rituel s’apparente davantage à un exercice de team building commercial qu’à la célébration de la visite des Rois mages à l’enfant Jésus.

Le directeur commercial ouvre la cérémonie ainsi :

-La galette, je sais que c’est ce qui nous motive tous (rires gênés dans l’assistance)… La galette, c’est aussi le symbole que tout est possible dans cette entreprise et particulièrement dans ce service. Même ceux qui n’ont aucun diplôme, même ceux qui partaient battus dans la vie -n’est-ce pas Marc ? -(Marc a répondu par un sourire tordu), même ceux qui roulent en Dacia (tout le monde se retourne vers Jean-Guy) peuvent devenir les rois.

-Et pour devenir le roi, quel est le moyen ? hurle Le Guilloux, tel le meneur d’un club de hooligans.

-Exploser les objectifs, braille l’assistance avec plus ou moins de conviction, rompue qu’elle est à cet exercice de questions-réponses.

-Et maintenant, régalez-vous !

A noter pour cette édition 2011 : Jean-Guy a maugréé durant toute la fête (on peut rire de tout mais pas de sa Dacia…) ; Marc, couronne sur la tête et pièce d’or en poche, a fini la journée passablement éméché à chercher sur Internet les cours du 20 francs or Louis XVIII ; Epifanny a passé une tête pour étudier discrètement l’impressionnant process festif du service commercial. L’an prochain, c’est sûr, elle s’en inspirera.

Extrait des échos magazine

ERIC VILLEMIN

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