La raquette de…. Boris Becker

Extrait du Journal L’Equipe, par Romain Lefebvre.

La relation qu’a entretenue Boris Becker avec ses raquettes durant toute sa carrière tient de la saga, sur fond d’enjeux économiques et sportifs. Chronologie.

 

1984, LE RATE D’ADIDAS

Âgé de seize ans, Boris Becker n’est alors qu’un espoir du tennis allemand. Mais sa progression fulgurante (563 e en janvier, il pointe au 176 e rang fin juin) incite son manager de l’époque, le visionnaire Ion Tiriac, à renégocier son contrat qui expire à mi-saison avec Adidas. Déjà convaincu du futur brillant de son joueur, il demande une réévaluation substantielle à Horst Dassler, le fils du fondateur de la marque, Adi Dassler. L’enchère ne dépassant pas les 100000 marks par ans (60000 euros), le Roumain claque la porte d’Adidas et se tourne vers la marque Puma, propriété du cousin de Horst, Armin Dassler. « Prenez ce jeune Boris, vous pourrez ainsi chambrer votre cousin« , suggère Tiriac avec roublardise. Armin suit la recommandation. Commence alors une véritable saga.

 

1985-1988, L’EXPLOSION DE PUMA

Dès l’année suivante, la victoire explosive de ce gamin de dix-sept ans à Wimbledon, une Puma G. Vilas en main, fait voler en éclat le marché des raquettes. Les 15000 ventes annuelles de ce modèle sont multipliés par dix cette saison-là! Becker devient aussitôt la vache à lait de la marque, l’athlète le plus lucratif jamais eu sous contrat. Dans la foulée de ce premier titre du Grand Chelem, Puma rebaptise sa raquette la Boris Becker Winner, strictement identique à la précédente. Seul son design change. En avril 1986, « BB » signe un nouveau contrat de cinq ans avec la marque (1987-1992) pour un montant total de 28,5 millions de marcks, soit 15 millions d’euros, sous réserve que le champion allemand se maintienne dans le top 10, ce qui sera la cas. En conservant son titre à Wimbledon en 1986, Becker permet à lui seul à Puma de devenir leader sur le marché mondial. La Boris Becker Winner utilisée par l’allemand est une version customisée avec 50 % de graphite tandis que celle commercialisée de série ne l’est qu’à 30 %. Ce n’est qu’en 1986 qu’elle devient identique dans le commerce avec le lancement de la Boris Becker Super.

 

1990-1992, CAP SUR TAIWAN

en juillet 1988, Puma, en proie à des difficultés financières, rompt son contrat avec Becker, au prétexte que son attitude sur le court n’est plus conforme à l’esprit de la marque. Pendant près de deux ans, ‘Boum-Boum » continue cependant à jouer avec sa Boris Becker Super mais sans le logo du félidé. en mars 1990, il signe un contrat de cinq ans avec le manufacturier taïwanais Estusa pour un montant de 20 millions de marks (11 millions d’euros). Une clause y figure en prémbule: la marque s’engage à reproduire fidèlement sa raquette, grâce aux service de l’ingénieur qui l’a créée, débauché de chez Puma par la marque taïwanaise. Même forme, même design, seul le logo change. Mais les premiers essais avec le prototype développé exclusivement pour lui, la Estusa Boris Becker Adantech, ne sont guère convaincants. Becker reprend sa Puma, « maquillé » en Estusa. En 1991, il adopte efin le modèle créé par son équipementier mais l’expérience ne dure que…quatre mois. De guerre lasse, le contrat est rompu début 1992.

 

1992-1997, CHAMPION DU MONDE !

De signatures en ruptures de contrats mirobolants, Ion Tiriac s’arrache les cheveux. Incapable de s’adapter à tout autre modèle que celui qui l’a hissé sur le toit du monde, Boris Becker décide de racheter le moule de sa raquette fétiche. Avec l’aide de son cordeur personnel, Uli Kühnel, il crée sa propre ligne, BB, avec l’aide de la marque Head: 500 exemplaire seront produits exclusivement pour lui. 3100 exemplaires numéroté livrés dans un coffret en bois laqué orné d’une biographie et d’un autographe du champion, seront mis en vente sur le marché en 1997 sous l’appellation  » la raquette du champion du monde Boris Becker« . Vous avez dit mégalo?

 

 

 

 

 

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