La raquette de … Marat Safin

Extrait du journal L’Equipe, par Romain Lefebvre.

On ne colle pas 6-4, 6-3, 6-3 à Pete Sampras en finale de l’US Open sans voir sa vie basculer aussitôt. Le 28 août 2000, au soir de cet exploit retentissant, son auteur, Marat Safin, voit s’envoler sa valeur marchande. Les marques se jettent alors sur la nouvelle star. A grand renfort de dollars,-« un contrat à sept chiffres », se souvient son agent de l’époque Gérard Tsobanian-, Dunlop approche le Russe. Depuis le plus jeune âge, Safin démolit ses rivaux avec une Head Prestige. Mais l’infidélité le guette. « Ion (Tiriac, manager de Safin), qui avait vécu la même expérience avec Becker, ne voulait pas que Marat signe, raconte Tsobanian. Mais il y avait beaucoup d’argent en jeu. Comment faire comprendre à un joueur que tout ce qu’il va gagner avec un gros contrat, il risque de le reperdre si ses résultats ne suivent pas? » Le Russe n’écoute que son compte en banque et signe un contrat de quatre ans, il n’ira jamais au bout. Après deux années de galère, de raquettes cassées de rage puis de tentatives de maquillage de son ancien modèle (aux couleurs du nouveau), on arrêtera les frais. « Ca tournait à l’obsession, poursuit Tsobanian. Normal, on ne change pas de raquette comme de brosse à dents. Depuis l’âge de quatorze, quinze ans, la Prestige était imprégnée dans son ADN de joueur de tennis. Vous pouvez toujours proposer 10 millions de dollars à Nadal ou Federer, ils ne changeront jamais de raquette... »

 

 

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