L’avion fétiche en Meccano de Marc Dugain

L'avion fétiche en Meccano de Marc Dugain

Extrait de M le magazine du Monde, propos recueillis par Emilie Grangeray.

Né au Sénégal en 1957, Marc Dugain est l’auteur d’une oeuvre littéraire à succès. Son premier roman, La Chambre des officiers, fut adapté au cinéma par François Dupeyron avec Eric Caravaca, André Dussolier et Sabine Azéma dans les rôles principaux. Dans son dernier ouvrage, Avenue des géants (Gallimard), il se met dans la tête d’un tueur en série américain. Son objet fétiche : un avion en Meccano qui le lie à son fils.

« Je ne suis pas très attaché aux objets, mais si quelqu’un déplace ce petit avion en ferraille, cela me contrarie grandement. Comme si cela remettait en question la relation que j’ai, à travers ce Meccano de zinc, avec mon fils de 5 ans, pour lequel je l’ai, à l’origine, acheté.

Quand j’ai quitté Casablanca, où il vit avec sa mère, j’ai rapporté avec moi cet avion, et il est désormais posé à côté de mon bureau, sur le piano de ma nouvelle femme, dans notre appartement du boulevard du Montparnasse à Paris. C’est devenu une espèce de mascotte : il me rappelle le temps où j’étais dans l’aviation – j’ai dirigé la compagnie aérienne Proteus Airlines, désormais dans le giron d’Air France – et, bien sûr, mon fils.

La symbolique peut sembler un peu grossière mais c’est l’avion qui me mène à lui deux fois par mois quand je vais le voir à Casa. Souvent, je le soupèse, je l’inspecte – c’est un tic de l’ordre de la psychanalyse, une preuve d’attachement inconditionnel à mon fils.

Aujourd’hui, je me demande si je ne l’ai pas acheté aussi pour moi, en souvenir du temps où je montais les Meccano avec mon père, qui aimait beaucoup les avions lui aussi. Ce jouet un peu désuet est un lien transgénérationnel entre mon fils, moi et mon père, mort il y a trente-cinq ans. Il me rappelle cette relation formidable que j’avais avec lui, et que j’essaie de reproduire avec mon fils. »

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