Le diable s’habille en Quechua

Vous êtes prêts à vous rendre au séminaire de direction.

Mais avez vous réglé la délicate question du « dress code » ?OH ! En temps normal (la semaine), les codes vestimentaires au sein du comité de direction obéissent à une sorte de Yalta immuable. Chacun est à sa place : le PDG porte logiquement les complets les mieux coupés, le DAF (Directeur Administratif et Financier) les plus gris, les autres adaptent leur mise à leur position dans l’organigramme. Parfois, la fantaisie parvient à se loger dans quelques détails insignifiants : les impossibles chaussettes Tintin du directeur informatique (« je m’habille en costume mais je suis tellement cool, au fond »), l’étole rouille orangée de la DRH ou la montre « oversized »du directeur des ventes. Rien de plus.

Mais les repères se brouillent quand vient le séminaire de direction. Le cadre inhabituel, un petit manoir bas-normand,le calendrier du vendredi midi au dimanche matin et l’importance du travail à accomplir: cohésion de groupe et identification des relais de croissance…Tout conduit à adopter une tenue dérogatoire dont l’objectif est de laisser transparaitre le moi sans trop le révéler. C’est le week end, certes, mais vous êtes au travail.

Pour beaucoup, la première tentation sera le total look université d’été du Modem : pull cachemire vif noué autour du cou, polo de marque distributeur et Levis 501 trop grand et trop bleu. Ce serait une faute grave, car il y a fort à parier que sur les 22 personnes présentes ,7 au moins auront la même tentation. Il s’agit tout de même d’affirmer une certaine singularité et travailler davantage sa tenue.

Parmi les fautes à éviter, en voici 3 principales :

  • Le déguisement.  total look chasseur (knickers et dominante kaki) ou sportif de l’extrême (polaire Quechua Décathlon et chaussures de sport fluo) ou faux jeune (derbies ultra pointues et jean taille basse).Imaginez qu’au séminaire, vous êtes un peu dans la situation d’un(e) militaire qui quitte la tenue réglementaire pour s’habiller en civil : ne ne pas choquer et assurer une relative continuité vestimentaire.
  • Le « brand-dropping ».Griffe Polo de 5 cm2, lunettes de soleil Dolce Gabbana…Rappel : le ++chic ne se mesure pas à la taille des logos des vêtements et accessoires mais à leur combinaison harmonieuse. Franchement vous n’avez pas besoin de ça.
  • Le lâcher-prise : Sweat-shirt universitaire hors d’âge et chaussures de plaisance rongées par le sel. Vous avez passé l’âge des vêtements doudous .Si ce n’est pas le cas, réservez-les au cercle le plus intime.

Une fois ces écueils évités, le plus simple est peut être d’échafauder plusieurs scénarii. Ainsi mettez dans votre sac 48 heures des solutions alternatives : velours versus jean, tweed, versus rayures tennis, baskets sobres versus cousu Goodyear. Le premier jour, choisissez une tenue neutre et observez le groupe. Il est d’ailleurs tout à fait possible d’opérer une gradation vers le cool : tenue presque habituelle le vendredi pour finir en jean le dimanche ;

Voilà, une fois ces questions réglées, il ne vous reste plus qu’à être le meilleur.

Extrait des échos magazine

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