Le Rolleiflex d’Eric Caravaca

Le rolleiflex d'Eric Caravaca

Alors qu’il a déjà incarné à l’écran un gigolo marié, un clandestin kurde ou encore une gueule cassée, c’est en prêtre défroqué que l’on retrouvera Eric Caravaca, dans « Ici bas », de Jean-Pierre Denis. Acteur, réalisateur, Eric Caravaca est aussi passionné de photographie. Tout a commencé avec un vieux Rolleiflex.

Propos recueillis par Mariana Reali, extrait de M le magazine du Monde.

Ce Rolleiflex est l’appareil avec lequel j’ai débuté. C’était en 1993, après le tournage de mon premier film. J’avais décidé d’acheter une caméra super-8. Michel Amathieu, le chef opérateur, devait me conseiller dans le choix. Notre rendez-vous a été annulé, alors, à défaut, j’ai descendu de ma bibliothèque ce vieil appareil photo que m’avait légué un ami architecte. C’est un Rolleiflex bi-objectif, le même que celui utilisé par Diane Arbus, Cindy Sherman et Robert Doisneau à leurs débuts. J’aime le fait de devoir photographier en regardant le sol, la tête et le corps courbés, comme dans la position du remerciement japonais. Il permet de faire des portraits sans que les gens aient l’impression d’être photographiés.

Depuis cette époque, j’ai toujours un appareil sur moi. Dans la rue, mon regard n’est plus le même, je suis à l’affût d’une image à capturer. J’aime aussi beaucoup faire des photos lors de tournages ou lorsque je joue au théâtre, en particulier des portraits d’acteurs et de techniciens avec lesquels je travaille. J’ai des milliers de planches-contacts, elles témoignent de mon parcours. Sans doute est-ce cet appareil qui m’a amené à la réalisation… Finalement, tout est parti de ce vieux Rolleiflex, il m’a appris l’image.

A voir

« Ici bas », de Jean-Pierre Denis. Avec Eric Caravaca et Céline Sallette. En salles le 18 janvier.

Eric Caravaca.

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