Les Miss dopées… au poulet aux hormones

Sophia Aram, Dieu aime-t-il le sport ?

Chronique de Sophia Aram,

extrait du Monde Sport & Forme du 10 décembre 2011.

Le week-end dernier commença par la victoire en Coupe Davis de… l’Espagne. Je ne voudrais pas rappeler ce qu’un certain Y. N. écrivait dans les colonnes du cahier « Sport et forme » d’un quotidien de renommée mondiale, mais bon… Je dis ça, je dis rien.

Notons simplement que les Espagnols courent, pédalent, nagent, skient, rament, sautent et surtout jouent mieux au tennis que tout le monde. C’est comme ça. Alors, de là à défendre le libre accès de tous à la « potion magique », il n’y a qu’un pas, que je ne franchirai pas. Je suis pour l’égalité des chances, mais j’ai du mal à me faire à l’idée que les sportifs de haut niveau soient équipés en série de huit paires de testicules et surtout qu’ils soient contraints de fêter leurs 35 ans dans un service d’oncologie.

Du coup, le soir, je me suis rassurée en regardant les Miss à la télé avec la certitude que, cette fois, la gagnante n’avait aucune chance d’être espagnole. Ce qui m’a tout de suite tapé dans l’oeil, c’est que les nichons des jeunes femmes sont de plus en plus gros. A titre d’exemple, adolescente je passais pour quelqu’un à qui il manquait quelque chose. Aujourd’hui, mon 75 A me fait passer pour un monstre.

Engager l’humanité sur le chemin d’un retour à une vie plus saine

Que s’est-il passé, en l’espace d’une génération pour que la moitié de l’humanité se rapproche aussi rapidement des vaches laitières ? Si je mets de côté les prothèses mammaires, la conclusion qui s’impose est que les femmes se dopent. Mais contrairement aux sportifs, qui ont plus ou moins le choix de résister à la pression du résultat, les femmes sont dopées « à l’insu de leur plein gré ».

Le problème vient de la surconsommation de poulet aux hormones. Si les femmes ont vu leurs seins pousser considérablement, c’est parce qu’elles mangent trop de poulet aux hormones. La preuve : étant végétarienne, je peux vous assurer qu’après toutes ces années d’endives cuites et de carottes râpées, j’observe une relative stabilité volumétrique de ma poitrine concave.

Il ne s’agit en aucun cas d’une élucubration destinée à rationaliser une jalousie maladive. Tout simplement parce que, à l’approche de la quarantaine, j’ai pu constater une certaine compétitivité des petites poitrines sur les grosses, dans la lutte universelle des mamelles contre la gravité. Non, sincèrement, je pense que les hommes nous gavent d’hormones à notre insu juste pour le plaisir de malaxer de grosses mamelles. Consciemment ou non, ils compensent leur frustration d’avoir été sevré trop tôt, ou trop tard. De toute manière ça ne change rien, ils aimeraient que ça dure toujours.

A l’approche des fêtes, toute mère de famille qui se respecte s’acharne à faire entrer dans son four une dinde de 5 kg élevée en batterie et fourrée aux hormones comme un cycliste flashé à 160 km/heure en haut du mont Ventoux. Du coup, afin d’enrayer ce mécanisme et pour engager l’humanité sur le chemin d’un retour à une vie plus saine avec des poitrines et des résultats sportifs plus humains, j’ai décidé de communiquer une information à la population masculine : il semble que le poulet aux hormones ait un effet tout à fait différent, voir opposé, sur l’anatomie masculine. Il réduit considérablement la taille de ce qui pour beaucoup d’entre eux, constitue un objet de fierté.

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