Mon luxe à moi, du vin et du vent

François-Xavier Demaison

© François-Xavier Demaison / Sport & Style 2012.

La cuvée 2007 moitié vide, moitié pleine ne touche personne à moitié. Cet assemblage grenache-syrah bouleverse les sens. L’heure est à la dégustation. Une ode à la Provence. Impressions.

C’est mon rituel de l’été, ma petite virée du mois de juillet. Mon ami Serge Ghoukassian, marseillais d’origine arménienne et restaurateur à Carpentras, conduit sa 204 blanche décapotée avec douceur sur le chemin caillouteux qui borde le domaine de Solence, à Mazan. L’après-midi tire à sa fin, le soleil a détourné ses rayons les plus coriaces et diffuse une lumière chaude sur les 18 hectares de vignes, à flanc de colline, bordés de restanques d’oliviers.

Anne-Marie et Jean-Luc Isnard nous attendent au milieu des vignes pour ce que j’ai surnommé au fil du temps « ma descente verticale ». On déguste toutes leurs cuvées dans différentes années, toujours dans des quantités raisonnables. L’heure idéale pour une dégustation. Dehors tout est calme, une légère brise rafraîchit l’atmosphère. Mon luxe à moi est de boire le vin en plein air, je trouve qu’il respire tellement mieux. A l’intérieur en revanche, la magie que ces nectars opèrent sur les sens provoque une vrai bourrasque.

Ma préférence va à la cuvée Moitié Vide-Moitié Pleine 2007. Le mont Ventoux, qui garde un œil paternaliste sur les vignes alentour et a donné son nom à l’appellation, ne me contredira pas. cultivé en biodynamie par ce couple d’amoureux de la terre à l’accent et au cœur méridionaux, ce mélange de grenache et syrah est très original. en tournoyant dans le verre, sa robe pourpre se dépose sur les parois. C’est un vin de fruit, un vin qui tâche le verre. Il ne ressemble à aucun autre, du pur velours. On a l’impression de manger une tarte aux myrtilles, de croquer les baies qui sont su la vigne.

Le nez fruité et épicé est stupéfiant mais ce qui me fascine, c’est tout ce que le vin nous raconte sur la terre, sur le soleil. en les buvant ailleurs qu’en Provence, on a l’impression de partir en vacances. Mais attention, petite précision salutaire, c’est plutôt une boisson d’homme: avec 13,5°, ça peut secouer un peu. Et ce qui m’enchante dans ce petit plaisir, c’est qu’il s’agit là d’un luxe accessible car, si le vin est rare et difficile à trouver, son prix est tout à fait abordable.

La dégustation achevée, on remet les bouchons en place pour remporter les précieux restes. La 204 chargée de souvenirs nous ramène vers le restaurant de Serge afin de mettre un peu de solide dans tout cela. On déguste sa pizza à la truffe d’été sous la tonnelle de sa petite cour intérieure. Là, ce bon vivant convivial retire le bouchon de la bouteille-à moitié vide ou à moitié pleine-, libérant à nouveau un filet divin du parfum de la terre de Solence et de la joie de vivre de nos vignerons. Le bonheur.

 

 

François-Xavier Demaison est en tournée dans toute la France avec son spectacle « Demaison s’évade ».

 

 

 

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