Surf Generation

Paul Smith

Extrait de Sport & Forme, le journal du Monde.

Par Paul smith.

Ainsi, les Allemands sont à chaque fois vainqueurs en cas de tirs au but, n’est-ce pas ? Si vous avez lu ma dernière chronique, vous vous rappelez que j’y annonçais qu’au cas où la finale de la Ligue des champions se terminerait sur un match nul au terme du temps additionnel, alors l’équipe allemande l’emporterait, parce que c’est ce qui se passe immanquablement avec les équipes allemandes. Il se trouve que le Bayern Munich a perdu face à Chelsea à l’issue des penaltys, car un joueur allemand a raté le tir crucial.

 

Mais n’est-ce pas ce qui est merveilleux dans un match ? Rien n’y est jamais écrit d’avance. Personne – pas même un spécialiste, ce que je ne suis pas – ne peut vraiment pronostiquer le résultat. A moins que la finale de l’Euro 2012, le 1er juillet, ne m’oblige encore une fois à revoir mes prédictions !

Le surf est un sport qui ne repose pas sur les résultats. Il comporte des compétitions, mais j’ignorais jusqu’à récemment qu’il existait aussi un record de la plus grosse vague jamais domptée. Puis j’ai vu sur YouTube la vidéo de Garrett McNamara, un surfeur hawaïen de 44 ans, glissant sur une vague estimée à 23,7 mètres de haut. On peut imaginer l’exaltation – et peut-être la peur – qu’il a éprouvée dans le tunnel écumant de cette vague géante avant d’atteindre l’autre extrémité.

Tee-shirts et jeans délavés

J’ai essayé une fois de surfer et, même si je pratique la natation chaque jour, je sais que je n’aurai jamais le courage de tenter un tel exploit. La plupart d’entre nous sont sans doute dans mon cas. Mais cela ne nous empêche pas de prendre plaisir à s’intéresser au surf et au mode de vie qu’il représente.

Durant mon adolescence, dans une ville industrielle anglaise des Midlands, le style surf des années 1960 était l’une des choses qui rendaient l’Amérique si attirante à nos yeux. Songer au ciel constamment ensoleillé de la Californie entrait pour une bonne part dans cette fascination, comme la musique des Beach Boys, mais elle était aussi suscitée par ce style décontracté et informel : les cheveux décolorés par le soleil, les tee-shirts, les jeans délavés. A l’époque de ma première boutique, je réservais souvent un vol en stand-by (billet de dernière minute obtenu à la suite du désistement d’un passager) low cost pour New York, où je remplissais des sacs de Levis 501 que j’achetais sur Canal Street et que je rapportais pour les revendre. Ils étaient alors très difficiles à trouver en Angleterre.

Newquay, sur la côte des Cornouailles, le spot de surf le plus célèbre de Grande-Bretagne, était dans les années 1960 une destination appréciée des mods (jeunes urbains prolétaires au mode de vie festif apparus au Royaume-Uni à la fin des années 1950). Je m’y suis rendu une fois alors que je devais avoir 19 ans, emportant quelques tee-shirts pour les écouler sur la plage.

Cette année, nous avons travaillé avec l’entreprise Single Fin à la décoration d’une planche de surf et à la conception d’une ligne de tee-shirts qui changeront d’aspect avec le temps. L’idée de teindre et de délaver les vêtements est peut-être née parmi les surfeurs. Même si beaucoup d’entre nous ne pratiquent pas le surf, nous avons tous été inspirés par sa culture, par l’idée de spontanéité et de liberté qu’il incarne.

 

 

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