L’univers d’Olivia Bee en quelques clichés

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Pendant trois mois, M ouvre ses pages à la jeune photographe américaine – bientôt 19 ans – et à son univers enchanté. Originaire de Portland (Oregon), Olivia Bee diffuse ses clichés sur Internet depuis qu’elle a 11 ans, tel un journal intime … Lire la suite

Olivia Bee, l’ado qui sort des clichés

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A seulement 17 ans, l’Américaine Olivia Bolles s’est déjà fait un pseudo. Ses photographies publiées sur le Net ont attiré l’attention des journaux et des publicitaires. Elle y montre son monde façon Virgin Suicides, le désespoir en moins.

Par Stéphanie Chayet/Photos Olivia Bee, extrait de M le magazine du Monde.

Elle avait choisi la vidéo, mais le cours était complet. Je me suis retrouvée en photo. Il fallait passer des heures dans une chambre noire, c’était pas marrant. C’est comme ça, un peu par accident, qu’Olivia Bolles découvrit la photographie au collège, à l’âge de 11 ans. Elle sortait à peine d’une enfance merveilleuse dans un quartier verdoyant de Portland, sur la Côte ouest des Etats-Unis : un beau jardin arboré, une famille bohème, des montagnes à l’horizon. Le chaos de la puberté se profilait. Avec le vieux Pentax de sa mère, puis une caméra vidéo de 1,3 mégapixels qui faisait des clichés abominables, elle se mit à photographier son adolescence.

A 17 ans, Olivia a désormais un agent, un pseudonyme (elle se fait appeler Olivia Bee), et un Canon 5D Mark II, acheté grâce à un travail pour Nike, qui l’a envoyée photographier un catalogue à Hawaï l’année de ses 15 ans. C’est le meilleur appareil du monde, dit-elle avec un petit rire. Juste avant, elle avait shooté une campagne de pub pour les baskets Converse. Quand j’ai reçu leur proposition par mail, j’ai d’abord cru à un canular. Et puis je me suis dit, waouh ! je pourrais en faire mon métier. Ses images avaient été remarquées sur le Web, où elle les publiait jour après jour, comme un journal de bord, pour avoir des souvenirs. Une fleur au bord de la route, une sortie à la plage, la vie du lycée, le désordre de sa chambre, les balades à vélo, l’amour, l’ennui, la rigolade : ses photos racontent l’ordinaire de sa vie d’ado. Olivia y fait des apparitions fréquentes, petit visage aux joues d’enfant encadré de boucles blond vénitien. Il m’arrive de prendre plusieurs centaines de photos dans une même journée, dit-elle. C’est une obsession.Ses amis en ont pris l’habitude, ils ne font plus attention.

Il en ressort une impression de grande intimité. Comme Nan Goldin, Larry Clark ou Ryan McGinley avant elle (elle cite ce dernier comme sa principale influence), Olivia Bee montre la jeunesse à l’état brut. Mais elle en capture moins les troubles et la mélancolie que l’insouciance, la candeur et la vitalité. Evoluant dans le décor superbe des paysages de l’Oregon, les adolescents qu’elle photographie rappellent les jeunes filles romantiques du film de Sofia Coppola Virgin Suicides, le désespoir en moins. C’est la chronique d’un état de grâce.

Depuis, il y a eu d’autres publicités, notamment pour Levi’s et la nouvelle Fiat 500. Cet hiver, le magazine du New York Times lui a confié l’illustration d’un sujet de couverture sur l’éducation sexuelle des adolescents. Elle est encore au lycée, mais sa carrière est lancée. Mes parents me laissent rater l’école, explique-t-elle, reconnaissante. C’est son père, un musicien, qui se dévoue pour l’accompagner sur les shootings, où sa présence est obligatoire tant qu’elle est mineure. J’ai de la chance, il m’aide. Elle précise : Mais il m’aide discrètement, il respecte mon besoin d’indépendance. 

Pour M, la jeune photographe a accepté de commenter quelques-uns de ses clichés.