Le top 5 des volleyeurs en activité par Pat Cash

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Extrait du journal L’équipe. A cinquante ans, le vainqueur de Wimbledon 1987 demeure un très fin observateur du jeu, et adore particulièrement les volleyeurs. L’australien aurait bien cité Radek Stepanek, mais on lui a demandé de se concentrer sur le … Lire la suite

McEnroe, le « punk du tennis » ambassadeur du rasage low-cost

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Le champion de tennis américain John Mac Enroe faisait la promotion des rasoirs bic au début des années 1980.

La veille, il n’a pas voulu nous recevoir. Motif : « Mauvaise humeur. »Origine : obscure. L’entourage de John McEnroe ne cherche même plus à expliquer les rages subites de l’ancienne star du tennis mondial. Le lendemain, engagé en double à Roland-Garros, avec son frère Patrick, il gagne son match contre l’Australien Pat Cash et le Néerlandais Paul Haarhuis, mais le bad boy du circuit n’est guère plus avenant. Lui parler ? « Forget it. »

En ce jour de juin, « Big Mac » dispute le Trophée des légendes. A 55 ans, il n’est plus le champion qu’il fut, le pas s’est ralenti et le cheveu a blanchi, mais il a de beaux restes. Une chose n’a pas changé au fil du temps. L’Américain, élevé dans le quartier du Queens, à New York, a gardé ses allures d’enfant caractériel.

Difficile d’imaginer cette masse colérique jouer le représentant docile d’une marque de rasoirs. Que le poli et bien rasé Roger Federer prête son menton carré pour Gillette passe encore. Mais John McEnroe, avec ses cheveux hirsutes mal domptés par un bandeau en éponge et sa barbe de trois jours…« Il est sans doute le plus mauvais ambassadeur possible pour un rasoir »,confirme Thomas A. Ravier, auteur du Scandale McEnroe (Gallimard, 2006).

« BEAT ME » ( JE SUIS IMBATTABLE)

Pourtant, au tout début des années 1980, alors qu’il est au sommet de sa gloire tennistique, John McEnroe est l’image des rasoirs Bic aux Etats-Unis. La figure choisie pour accompagner le succès d’un jetable lancé outre-Atlantique en 1976. A l’époque, le rasoir est en plastique blanc (la version orange pour peau sensible sortira plus tard) et il n’a qu’une lame. Pendant que le prestigieux tournoi de l’US Open démarre, le « punk du tennis », qui casse sa raquette comme un chanteur d’heavy metal fracasse sa guitare, en profite pour vanter à la télévision les qualités du rasage low cost.

Comme toujours chez Bic, la mise en scène n’est pas dénuée d’humour. Des spots télévisés diffusés aux Etats-Unis montrent le gaucher dans un vestiaire où il dit se raser de haut en bas, de bas en haut, ou de biais selon l’enjeu du match, niant toute forme de superstition, avant de casser son miroir avec un air paniqué. Sur un autre spot, McEnroe est sur le court. Il rate un point. S’énerve, menace de briser son tamis mais… est félicité (une fois n’est pas coutume) par le juge-arbitre pour son visage glabre. Grâce à Bic, bien sûr. A 20 cents le rasage, « beat me » ( je suis imbattable), explique le joueur, précisant que les sommes économisées lui servent à se payer des leçons de tennis.

Sauf que McEnroe colle mal au personnage inventé pour Bic. Il n’avait d’abord rien à voir avec le Suédois Björn Borg ou d’autres stakhanovistes des courts. « McEnroe était un fainéant, un génie qui ne s’entraînait pas ! », assure Thomas A. Ravier, qui explique que son échauffement consistait essentiellement à jouer en double. La légende veut aussi que McEnroe ait confié, à l’instar de nombre de champions, qu’il ne se rasait jamais avant un match.

UNE BARBE DE TROIS OU DIX JOURS AUGMENTERAIT L’INFLUX NERVEUX

La science des vestiaires prétend en effet qu’une barbe de trois ou dix jours augmente l’influx nerveux. Un principe appliqué à la lettre par Borg – six fois vainqueur de Roland-Garros, et six fois mal rasé. Tout cela ne serait que « lubie ou extravagance superstitieuse », selon Ronan Lafaix, coach de grands sportifs et auteur de Tennis, un nouveau coaching pour gagner(Amphora, 2012). McEnroe a-t-il vraiment dit qu’il ne se rasait pas avant une compétition ? Chez Bic, personne n’a gardé en mémoire cette présumée désinvolture. De sa collaboration avec le tennisman américain, Bruno Bich, qui dirigeait la filiale américaine de Bic au début des années 1980, n’aurait gardé qu’un souvenir joyeux. Impossible d’en savoir plus : le contrat ficelé aux Etats-Unis interdit à Bic d’évoquer son lien passé avec le champion sans une autorisation écrite de la vedette.

A l’époque, dans la publicité, la personnalité de la star semblait compter davantage que sa crédibilité par rapport au produit. « On se fiche qu’il soit rasé de près ! », confirme Jacques Séguéla, vice-président d’Havas Worldwide. McEnroe a beau n’être ni très sympathique ni très raffiné, « c’est un gagneur, un combattant », poursuit le pape de la pub des années 1980. Le consommateur de l’époque aime rêver.

McEnroe n’a pas les « cuisses païennes » de Guillermo Vilas, le physique « d’un apollon en couleur » comme Yannick Noah, le « visage christique » de Björn Borg, mais, en dépit d’une « anatomie d’une affligeante banalité », il est le héros qu’on adore détester et qu’on s’en veut d’aimer, écrit Thomas A. Ravier.

Avant d’utiliser l’image de McEnroe, les rasoirs Bic sont incarnés par Raymond Poulidor, le cycliste et éternel numéro deux, adoré des Français. Mais le monde change. La décennie de 1980 débute, l’économie se dérègle et s’internationalise. Les « trente glorieuses » s’achèvent. Les années fric, sans complexe, sans politesse, s’installent. L’argent, la réussite deviennent les valeurs de la nouvelle génération. Une génération qui n’a plus peur ni de jeter ni de voyager.

« MCENROE CORRIGE POULIDOR »

Avec le New-Yorkais rebelle et talentueux, né en Allemagne, d’origine irlandaise, la marque « entre dans la compétition mondiale », note Anne Magnien, qui a dirigé et présenté l’émission « Culture pub » sur M6 pendant des années, aux côtés de Christian Blachas. « McEnroe corrige Poulidor », assure-t-elle.

Peu importe que le champion promette au bûcher la quasi-totalité des arbitres qu’il croisera, qu’il traite l’un d’eux de « lie de la terre » (« you are the absolute pits of the world »). McEnroe brise les règles. Mord la ligne blanche. Il signe aussi la fin d’une époque. Celle de l’amateur, qui « fait fi de toute transaction à son sujet (…) inaliénable au marché », estime encore Thomas A. Ravier dans son livre. Il n’est pas encore ce produit qui prend soin de remettre sa montre (sponsor) avant de recevoir son trophée. Ce pro qui répond poliment aux interviews en buvant ostensiblement un Perrier (sponsor), s’entraîne de façon assidue et mange équilibré.

McEnroe sort en boîte les veilles de match, avale un hamburger avant son premier set et méprise la plupart des journalistes. « Le tennis a complètement changé, confirme Ronan Lafaix, aujourd’hui les joueurs ne font rien au hasard. » Ultime démonstration de cette bascule, selon M. Lafaix : désormais la plupart des joueurs se rasent de près.

Extrait du Journal Le Monde, par Par Claire Gatinois.

La raquette de …Nicolas Mahut

Extrait du journal Le Monde, par Romain Lefebvre (avec Julien Reboullet).

-Vous avez la réputation d’être très méticuleux, voire maniaque avec vos raquettes. Comment cela se traduit-il?

-C’est quand même mon outil de travail, alors j’en prends soin. Nous, joueurs de tennis, nous avons tous nos tocs et nos tics. Moi, par exemple, je joue toujours du même côté de la raquette, ce qui explique qu’une face soit plus usée que l’autre. Je suis aussi très attentif à mes grips. Je les change à chacun de mes matches et si quelqu’un s’aventure à prendre ma raquette en main avant que j’entre sur le court, j’en remets un neuf aussitôt…

A quel âge avez-vous commencé à vous soucier à ce point de votre matériel?

-vers l’âge de vingt, vingt et un ans. Quand tu es jeune, tu es très content d’avoir des contrats, tu as des raquettes neuves chaque année, c’est comme un  nouveau cartable…Puis, petit à petit, ta sensibilité se développe. Plus tu avance, plus tu progresses, plus tu deviens sensible à la qualité de frappe, au son que la balle va faire dans la raquette, au ressenti quand la balle s’enfonce dans les cordes. Tu cernes mieux alors ce dont tu as besoin pour ton jeu. Moi, ça s’est fait assez rapidement. J’ai su vers seize, dix-sept ans, quand j’ai commencé à avoir de la force, que j’avais besoin d’une raquette assez rigide…

Est-ce uniquement cet aspect qui a orienté votre choix ou bien le paramètre financier a-t-il eu son importance?

-Quand je suis arrivé sur le circuit, sur la lancée de ma victoire à Wimbledon en juniors (2000), j’ai refusé des contrats très, très élevés. Parce que je me suis dit que l’argent que j’allais gagner dans la raquette, j’allais le perdre en ne gagnant pas de match. Regardez ce qu’il s’est passé avec Verdasco: il jouait avec Tecnifibre, il a fait demies en Australie, il est monté 7éme mondial (2009), puis il a signé un contrat incroyable avec Dunlop puis Yonex, il a galéré, ce n’était plus le même joueur. Tu perds de la confiance et tout s’enchaine…

-Comment avez-vous affiné les réglages de votre raquette?

-Depuis quelques années, mes raquette sont préparées chez Wilson, au pro-room de Chicago. Elles sont fabriquées en Chine, puis envoyées là-bas où elles sont équilibrées au millimètre, exactement comme je l’ai choisi. Le poids est réglé au gramme, l’indice de rigidité, tout…C’est le résultat d’un travail de reherche extrêmement précis.

-Ce qui explique que vous ne pourriez pas jouer avec un autre modèle…

-J’y perdrais beaucoup évidemment. De même, si Nadal joue avec la raquette de Federer, je suis sûr qu’il ne gagne pas Roland. Parce que celle de Roger est trop rigide, elle a un tamis trop petit, Nadal ne pourrait pas mettre autant d’effets qu’avec sa raquette actuelle. Après, il y a des joueurs plus ou moins sensibles aux changements. Benoît Paire a changé du jour au lendemain, il fait partie de ces joueurs qui ont plus de facilités que d’autres pour s’adapter.

-Malgré tout son talent, il semble que Federer ne soit pas de ceux là…

-Je connais bien sa raquette, j’ai joué avec depuis l’âge de quinze ans jusqu’en 2006. A partir du moment où tu l’adoptes, il est quasiment impossible de passer à autre chose. Parce qu’elle ne ressemble à aucune autre. Le problème de cette raquette, c’est que la balle part très bien mais dès que tu décentres, c’est fini. Lui a un petit tamis mais comme il a un jeu de jambe parfait, et qu’il se place extrêmement bien, son rendement est excellent. Mais c’est aussi pour cela que, parfois, sur terre battue, quand il y a des faux rebonds et du vent, il a un peu plus de mal. Sa raquette ne pardonne pas le moindre écart.

 

 

 

 

 

 

La raquette de … Roger Federer

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Extrait de L’Equipe, par Romain Lefebvre.

Roger federer et Pete Sampras auront partagé beaucoup plus que les conseils du coach américain Paul Annacone. L’un comme l’autre ont été les joueurs d’une seule marque, d’un seul modèle durant toute leur carrière: la Wilson Pro Staff. Si la raquette du Suisse a changé plusieurs fois de couleur (noire, rouge et désormais blanche) et de nom pour d’évidentes raisons marketing, qu’on ne s’y trompe pas: c’est, hormis une technologie dite Amplifeel adoptée afin d’atténuer les vibrations, la jumelle de la Pro Staff originale avec laquelle son aîné a glané quatorze titres du Grand Chelem. Seul changement majeur, décidé par le Suisse avant qu’il entre dans le top 5 début 2003: la taille du tamis, agrandie de moins de 5 %. Pour le reste, pas touché! Le cadre est mat et mat le cadre restera. « Si, demain, le fabricant décidait de vernir, par souci d’esthétisme, une raquette mate, il est certain qu’il s’opposerait au refus du joueur, raconte un spécialiste d’une marque concurrente. Car une simple couche de glossy a tendance à rigidifier un cadre et donc à en modifier le rendement. Pour l’assouplir, il faudrait qu’il tape plusieurs heures avec chaque modèle sorti d’usine. Il n’a pas de temps à perdre ». 

Ce sera peut-être pour ses vieux jours, puisque Federer et sa marque de raquette sont unis par contrat depuis 2006…à vie!

 

 

La raquette de…. Boris Becker

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Extrait du Journal L’Equipe, par Romain Lefebvre.

La relation qu’a entretenue Boris Becker avec ses raquettes durant toute sa carrière tient de la saga, sur fond d’enjeux économiques et sportifs. Chronologie.

 

1984, LE RATE D’ADIDAS

Âgé de seize ans, Boris Becker n’est alors qu’un espoir du tennis allemand. Mais sa progression fulgurante (563 e en janvier, il pointe au 176 e rang fin juin) incite son manager de l’époque, le visionnaire Ion Tiriac, à renégocier son contrat qui expire à mi-saison avec Adidas. Déjà convaincu du futur brillant de son joueur, il demande une réévaluation substantielle à Horst Dassler, le fils du fondateur de la marque, Adi Dassler. L’enchère ne dépassant pas les 100000 marks par ans (60000 euros), le Roumain claque la porte d’Adidas et se tourne vers la marque Puma, propriété du cousin de Horst, Armin Dassler. « Prenez ce jeune Boris, vous pourrez ainsi chambrer votre cousin« , suggère Tiriac avec roublardise. Armin suit la recommandation. Commence alors une véritable saga.

 

1985-1988, L’EXPLOSION DE PUMA

Dès l’année suivante, la victoire explosive de ce gamin de dix-sept ans à Wimbledon, une Puma G. Vilas en main, fait voler en éclat le marché des raquettes. Les 15000 ventes annuelles de ce modèle sont multipliés par dix cette saison-là! Becker devient aussitôt la vache à lait de la marque, l’athlète le plus lucratif jamais eu sous contrat. Dans la foulée de ce premier titre du Grand Chelem, Puma rebaptise sa raquette la Boris Becker Winner, strictement identique à la précédente. Seul son design change. En avril 1986, « BB » signe un nouveau contrat de cinq ans avec la marque (1987-1992) pour un montant total de 28,5 millions de marcks, soit 15 millions d’euros, sous réserve que le champion allemand se maintienne dans le top 10, ce qui sera la cas. En conservant son titre à Wimbledon en 1986, Becker permet à lui seul à Puma de devenir leader sur le marché mondial. La Boris Becker Winner utilisée par l’allemand est une version customisée avec 50 % de graphite tandis que celle commercialisée de série ne l’est qu’à 30 %. Ce n’est qu’en 1986 qu’elle devient identique dans le commerce avec le lancement de la Boris Becker Super.

 

1990-1992, CAP SUR TAIWAN

en juillet 1988, Puma, en proie à des difficultés financières, rompt son contrat avec Becker, au prétexte que son attitude sur le court n’est plus conforme à l’esprit de la marque. Pendant près de deux ans, ‘Boum-Boum » continue cependant à jouer avec sa Boris Becker Super mais sans le logo du félidé. en mars 1990, il signe un contrat de cinq ans avec le manufacturier taïwanais Estusa pour un montant de 20 millions de marks (11 millions d’euros). Une clause y figure en prémbule: la marque s’engage à reproduire fidèlement sa raquette, grâce aux service de l’ingénieur qui l’a créée, débauché de chez Puma par la marque taïwanaise. Même forme, même design, seul le logo change. Mais les premiers essais avec le prototype développé exclusivement pour lui, la Estusa Boris Becker Adantech, ne sont guère convaincants. Becker reprend sa Puma, « maquillé » en Estusa. En 1991, il adopte efin le modèle créé par son équipementier mais l’expérience ne dure que…quatre mois. De guerre lasse, le contrat est rompu début 1992.

 

1992-1997, CHAMPION DU MONDE !

De signatures en ruptures de contrats mirobolants, Ion Tiriac s’arrache les cheveux. Incapable de s’adapter à tout autre modèle que celui qui l’a hissé sur le toit du monde, Boris Becker décide de racheter le moule de sa raquette fétiche. Avec l’aide de son cordeur personnel, Uli Kühnel, il crée sa propre ligne, BB, avec l’aide de la marque Head: 500 exemplaire seront produits exclusivement pour lui. 3100 exemplaires numéroté livrés dans un coffret en bois laqué orné d’une biographie et d’un autographe du champion, seront mis en vente sur le marché en 1997 sous l’appellation  » la raquette du champion du monde Boris Becker« . Vous avez dit mégalo?

 

 

 

 

 

La griffe du chat, Gastón Gaudio

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Gastón Gaudio

 

Extrait de l’Equipe magazine, par Florent Torchut.

Lorsque le vainqueur de Roland Garros 2004 décroche son téléphone, il semble surpris qu’on ne l’ait pas oublié de l’autre côté de l’atlantique. On retrouve « El Gato » (le Chat), barbe de trois jours et cheveux en bataille laissant apparaître une dreadlock sur l’épaule, au Vilas Club. Comme un symbole, puisque, en revenant de nulle part dans cette finale 100% argentine restée dans toutes les mémoires, il s’est installé au côté de son illustre compatriote au panthéon du tennis mondial. Ce 6 juin 2004, face à Guillermo Coria, Gaudio s’incline 6-0 dans le premier set, sauve deux balles de match dans le cinquième, avant de s’imposer à l’arraché 8-6 dans la dernière manche, imitant ainsi l’Allemand Gottfried Von Cramm, dernier joueur à avoir sauvé une balle de match pour remporter un Grand Chelem, dans ce même tournoi…en 1936.

« Cette victoire a énormément changé ma vie. Quand tu commences le tennis, tu rêves de gagner Roland Garros, qui a un « charme » (en français dans le texte) particluier. C’était mon plus grand rêve et je l’ai réalisé. C’est une récompense de la vie pour tous les efforts consentis pendant des années ».

Après avoir gravi ce Everest, il remporte cinq ATP 250 Series et un 500 Series en 2005, avant le néant…Petit à petit, il s’est enfoncé dans les profondeurs du classement ATP, dans un relatif anonymat qui lui convient mieux. « Pessimiste, trop exigeant envers lui-même et hypersensible », comme il se définit lui-même, il a alors du mal à gérer cette notoriété naissante. il confesse aujourd’hui en être parfois arrivé à « détester le tennis » et avoue » ne pas repenser plus que ça à cette finale. C’est surtout les gens qui me le rappellent chaque fois que je les croise dans la rue. »

Après avoir définitivement tiré un trait sur sa carrière, le 31 août 2011, Gastón Gaudio décompresse; « Je me suis reposé, j’ai beaucoup voyagé et fait du snowboard: bref tout ce que je n’ai pas pu faire quand je jouais an tennis! » Au bout de six mois d’errance, il ressent le besoin de « se trouver de nouveaux objectifs ». Gaudio prend donc des cours de photographie, avant d’exposer une partie de ses œuvres dans un bar VIP du quartier chic de Palermo, au bord du Rio de la Plata.

« Je fais ça pour m’amuser. J’ai installé une chambre noire chez moi pour développer les photos de mon appareil argentique. J’ai fait une série en noir et blanc sur les sans-abris, dont les clichés ont été diffusés un peu partout dans le monde. En passant au numérique, j’aurais l’impression de trahir l’esprit de la photographie avec les ordinateurs et les logiciels de retouche. J’apprécie quand les choses apparaissent telles qu’elles sont. Avec un numérique, tu prends 1500 photos et tu en choisis une…En argentique, chaque photo a son importance. ».

Sa nouvelle passion ne l’empêche pas de garder un pied dans l’univers de la petite balle jaune. « Je suis associé avec Mariano Zabaleta (ancien joueur professionnel, actuellement vice-capitaine de l’équipe argentine de Coupe Davis). On organise des matchs-exhibitions, notamment un duel entre Andy Roddick et Juan Martin Del Potro, à Punta del Este (station balnéaire huppée de la côte uruguayenne), en janvier 2013. L’an dernier, « Guga » (Kuerten) était venu jouer contre Del Potro. Il y avait aussi Fernando Gonzalez et moi. Le plus dur, c’est de trouver des sponsors pour faire venir les joueurs, parce qu’ils coûtent cher. » Sa boîte s’appelle Aynaoui, un clin d’œil au joueur marocain younès El-Aynaoui. « C’est un ami à nous, surtout de Mariano, et le nom nous plaisait ».

Gaudio vient de jouer son propre rôle dans la telenovela Los graduados (les Diplômés), à la demande d’un ami producteur; « Je voulais essayer, ça s’est révélé amusant. On a filmé trois, quatre scènes en deux jours. Mon ami était plutôt content: il a battu tous les records d’audience avec cet épisode. » Comme un après-midi de juin 2004, quand deux argentins « ont paralysé le pays ».

 

 

 

 

« Des pièces, des cailloux, des boulons ».

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Parque RocaExtrait du Journal l’Equipe du 05 avril 2013.

Gilles Moretton, aligné en double lors du premier Argentine-France, en 1982, n’a pas davantage oublié l’ambiance bouillante que les autres acteurs ou observateurs de ce premier tour.

A l’époque, la coupe Davis vivait dans une ambiance aussi feutrée que le gazon de Wimbledon mais connaissait, parfois, selon la destination et toujours loin des caméras, quelques jolies accès de fièvre. Ah, Rome, Asunción, Bucarest…Pour son premier tour sur le continent sud-américain, l’équipe de France de Jean-Paul Loth a eu droit à une rampe de lancement mémorable vers la finale(perdue), de Grenoble, en fin de saison contre les américains…

  • Gilles Moretton (vainqueur du double avec Noah): « Nous étions un groupe commando, refermé sur lui-même pendant la préparation. Avant le match, tout s’était déroulé très sereinement. Dans l’équipe, il n’y avait aucune tension, ce qui ne sera pas le cas quelques mois plus tard, en finale à Grenoble. On était en territoire étranger mais pas hostile. Il faisait beau, les oiseaux, chantaient, le cadre du club était magnifique. Mais dès que les matchs ont commencé la tension et la pression ont été très, très fortes. Je n’avais jamais vu ça. On nous balançait des trucs sur le court. Des pièces, des cailloux, des boulons. On n’a jamais eu vraiment peur physiquement, c’était en extérieur et c’est différent de ce que j’ai pu connaître dans certaines salles de basket (il est aujourd’hui président de l’ASVEL), où on est enfermé. En tout cas cette ambiance correspondait bien au tempérament de Yannick, qui savait se nourrir de ça. Et son match contre Vilas le vendredi avait été un énorme combat. Le lendemain, en double, je  me souviens avoir été à un moment saisi d’angoisse. Quand tu rentres à froid dans une ambiance comme ça…C’est chaud! J’ai dû commettre trois doubles fautes de suite dans un jeu. C’est un truc que tu ne maîtrise pas, qui te tombe dessus. Heureusement j’ai réussi à dissiper ça, aussi grâce à l’aide de Yannick, qui m’avait beaucoup parlé ».

 

  •   Philippe Bouin (reporter pour l’Equipe): » Il faisait une chaleur à crever. C’était la première vraie sélection de Thierry Tulasne. Avant, il avait joué contre le Japon mais là, en Argentine, il gagne un point important contre Cano qui, même si ce n’étais pas un génie, n’était pas facile à battre. A l’époque, on n’avait pas l’habitude en Coupe Davis d’ambiances aussi débridées. Il y avait des chorales de supporters dans ce court qui ressemblait un peu au court numéro 1 circulaire de Roland Garros. Ils étaient tous carrément à la botte de Vilas, qui les faisait chanter, s’arrêter, qui les calmait… Cela dit, Vilas n’a jamais encouragé l’énervement mais le match Vilas-Noah a vraiment été très chaud car Noah a vraiment  secoué Vilas. A cette époque, en Coupe Davis, il y avait une pause à la fin du troisième set. Et là, ils avaient largement arrosé le court pour le ralentir et défavoriser Noah! Je me souviens de Jean-Paul Loth: toujours très officier allemand avec son col de chemise remonter pour abriter sa nuque! Il était un peu écarlate mais le port de tête toujours digne! J’avais eu des emmerdes avec Vilas à cause d’un article. J’avais dicté à la sténo: »Vila, qui commandait au doigt et à l’œil sa marmaille… » mais la sténo avait écrit « sa racaille »! Vilas me l’avait reproché plus tard…A part ça, j’ai été fabuleusement marqué par les steaks argentins! »

 

  • Robert Laurens (kiné de l’équipe de France): « il y a deux rencontres qui restent vivaces dans ma mémoire. Ce match de Buenos Aires en 1982, et celui d’Asunción en 1985. La différence c’est que, en Argentine, on n’en menait pas large dans les tribunes mais qu’à la fin tout s »est bien passé malgré notre victoire alors que, au Paraguay (malgré la défaite), on a fini enfermé dans le vestiaire avec la police pour nous protéger et avec Hervé Duthu (commentateur TV de l’époque) .K.O. sur le carrelage ( il avait reçu un coup de point d’un supporter paraguayen). Mais, oui, c’était chaud en Argentine, à tel point que Vilas, un vrai monsieur que l’on connaissait bien et qui nous avait invités chez lui à manger avant la rencontre, nous avait prêté son garde du corps personnel. Le célèbre catcheur italien Bambi, que l’on voyait partout sur le circuit. Il était avec nous dans les tribunes et on ne le lâchait pas. Pour illustrer l’ambiance il faut savoir que « yann » (Noah), qui a tenu la rencontre à bout de bras, avait passé son temps à recevoir des pièces sur le court et à entendre des : »Negro!Negro!Negro! » scandés par une bonne partie du public! Autre chose amusante, pour le double, Jean-Paul Loth avait le choix entre Pascal Portes et Gilles Moretton. Or le samedi, Portes, sans doute très stressé, avait oublié toutes ses raquettes à l’hôtel. Je le sais, c’est moi qui suis parti les récupérer. »

 

  • Jean-Paul Loth (capitaine): « Après cette rencontre, celle d’Asunción et un ou deux déplacements dans les ex-pays de l’Est, j’avais réussi à tirer une petite règle pour ce type de confrontation. quand vous êtes le meilleur, on vous fout globalement la paix; quand vous êtes dominés, ça va aussi, c’est bonhomme; en revanche si ça s’équilbre et que le match devient plus serré… ça devient l’enfer assuré! ».

 

1982 (Groupe Mondial – Premier tour)
A Buenos Aires [Argentine, Terre battue].- FRANCE b. ARGENTINE, 3 – 2.
Guillermo VILAS (ARG) b. Yannick NOAH (FRA)            6-1 4-6 7-5 3-6 7-5
Thierry TULASNE (FRA) b. Ricardo CANO (ARG)            6-1 6-3 6-2
MORETTON / NOAH (FRA) b. VILAS / GANZABAL (ARG)        6-8 6-3 6-2 6-4
Guillermo VILAS (ARG) b. Thierry TULASNE (FRA)            6-1 6-0 6-1
Yannick NOAH (FRA) b. Ricardo CANO (ARG)                8-6 6-1 8-6

 

…De jouer avec des lunettes?

Bob London

Extrait du journal Le Monde, par Marc Beaugé, illustration Bob London.

Si l’on reconnait habituellement un bon joueur ou une bonne joueuse de tennis « à son œil » autant qu’à « son bras », il semble que les troubles de la vision n’empêchent pas de prospérer dans les tournois du Grand Chelem. Ainsi de la Kazakhe Yaroslava Shvedova, diagnostiquée myope il y a un an, qui se présente mercredi 6 juin, sur le court Suzanne- Lenglen, pour disputer les quarts de finale de Roland Garros. Depuis le début de la quinzaine parisienne, elle arbore en effet une paire de lunettes de sport. Outre sa monture turquoise, cette paire se caractérise par sa propension à donner substance aux fantasmes futuristes qui animèrent, de par le monde, les années 1950 et 1960. En effet, si les voitures volantes et les gnocchis en gélule restent à inventer, les lunettes profilées, épousant la forme du visage et donnant à celui qui les arbore l’air compassé d’un cyborg confronté à la banalité de la vie (pourquoi suis-je en train de manger une banane sur un banc alors que je pourrais exterminer la population mondiale à l’aide de mon œil laser ?), existent pour de bon. Comme Yaroslava Shvedova, ils sont même une quinzaine, d’Arnaud Clément à JankoTipsarevic, à les porter actuellement sur le circuit professionnel.

En choisissant d’arborer lors d’un match des lunettes de vue, ceux-ci formulent avant toute chose le rejet des lentilles de contact. Nécessitant un véritable temps d’adaptation et un entretien attentif, parfois même en plein match, celles-ci ne s’avèrent en effet pas toujours compatibles avec la pratique du sport de haut niveau.

Si le port des lunettes comporte lui aussi de véritables dangers (le plus sérieux consistant, de loin, à égarer ladite paire au bar du club house avant le match, au moment de se remonter le moral), le choix entre lunettes et lentilles relève donc de l’intime, et ne peut faire l’objet d’un débat public.

Montures de ville

Au vrai, le véritable problème est d’ordre stylistique et se résume au choix des lunettes en elles- mêmes. En effet, si ces modèles modernes ont la réputation de diminuer nettement les risques d’apparition de buée sur les verres, d’autres options doivent rester envisageables.

En leur temps, Martina Navratilova et Arthur Ashe dominèrent leur discipline avec des montures de ville parfaitement ordinaires. A eux deux, ils cumulèrent même dix victoires à Wimbledon, temple de l’humidité, et donc, théoriquement, temple de la buée.

 

 

…De porter du fluo ?

Extrait du journal du Monde, par Marc Beaugé, illustration Bob London.

Trente-quatre ans après que les balles de tennis ont officiellement changé de couleur, passant du blanc au jaune fluo, il semblerait que joueuses et joueurs du circuit subissent un sort similaire. Cette année, à Roland Garros, beaucoup d’entre eux arborent en effet des tenues fluorescentes, allant du rose au vert en passant par toutes les déclinaisons envisageables de bleu et, naturellement, de jaune. Si le changement de couleurs des balles fut suggéré par les télévisions, désireuses que les rebonds soient plus facilement localisables sur l’écran, celui des tenues des joueurs semble imputable aux équipementiers. Quelques semaines avant de disparaître complètement, effacés par le règlement de Wimbledon imposant à chacun le port du blanc, ceux-ci ont en effet tout intérêt à ce que leurs produits soient aussi visibles que possible. Même si cela doit impliquer une  hausse sensible des consultations ophtalmologiques chez les téléspectateurs du tennis.

Car, malgré de nombreuses tentatives de réhabilitation, menées aussi bien par les agents de la DDE que par les adeptes de la Tektonik ou les fonctionnaires de la Sécurité routière, les couleurs fluorescentes demeurent des couleurs à part, susceptibles de susciter chez l’autre des troubles de la vision et de la coordination. Ainsi, une étude anglaise menée par le Sports Vision Institute, révéla, il ya quelques années, que les joueurs commettaient 25 % de fautes supplémentaires au retour quand les serveurs portaient un maillot jaune fluo plutôt qu’un maillot de couleur sombre.

Débat purement stylistique Si cette statistique put, un temps, séduire joueurs et joueuses, elle s’avère désormais inopérante, les maillots fluo s’annihilant les uns les autres. Au vrai, le débat apparaît aujourd’hui purement stylistique, et nous ramène à une saine déclaration formulée par Philippe Chatrier, l’ancien président de la fédération de tennis, lors de l’édition 1990 de Roland-Garros. Voyant débarquer André Agassi vêtu de la collection Nike Court ATC II, la toute première à utiliser une couleur fluorescente, celui-ci s’étouffa en effet : «C’est un clown !».