Very bad trip chez Facebook

Mark Zuckerberg mariageExtrait du blog du Monde, Pertes et profits par Stéphane Lauer.

Une grosse fête, un mariage et une immense gueule de bois. Lundi 21 mai, Mark Zuckerberg a dû se croire plongé dans un remake de «Very bad Trip». Comme dans la comédie américaine de Todd Phillips, le réveil du fondateur de Facebook est difficile et il va falloir faire des efforts pour se souvenir comment on en est arrivé là.

Pour sa deuxième journée de cotation à Wall Street, l’action du réseau social s’est effondrée de 11%, passant ainsi largement sous son cours d’introduction. Du jour au lendemain, Mark Zuckerberg s’est retrouvé soulagé de 2,2 milliards de dollars, Dustin Moskovitz, son coturne à Havard de 580 millions, son compère, Eduardo Saverin, a perdu 230 millions et Sean Parker, celui qui a convaincu Zuckerberg en 2004 de s’installer en Californie pour se concentrer sur Facebook à plein temps, 287 millions.

Les quatre se souviennent vaguement de la cloche agitée à Wall Street, vendredi, pour l’introduction en Bourse. Mark Zuckerberg s’est marié le lendemain et depuis, c’est la cata. Ils ont juste ce nom en tête: Morgan Stanley. C’est la banque choisie comme chef de file pour l’introduction en Bourse. Initialement, l’opération devait porter sur 388 millions de titres, mais Morgan Stanley avait assuré qu’en allant jusqu’à 484 millions d’actions, on trouverait toujours preneur. La banque a eu sans doute la main un peu lourde. Certains fonds d’investissement se sont ainsi retrouvés avec 40 % d’actions de plus que ce qu’ils avaient demandé. Morgan Stanley a bien essayé d’endiguer les ventes en masse qui s’en sont suivies. En vain. Lundi, beaucoup d’investisseurs se délestaient. Le cours d’introduction fixé à 38 dollars par action n’y était pas pour rien. Certes Facebook a du potentiel, mais la valorisation a fini par tempérer l’optimisme ambiant.

La fête, que nous n’avions pas voulu gâcher dans Pertes & Profits, il y a quelques jours, a tourné au cauchemar à la suite d’un bug du Nasdaq, la Bourse des valeurs technologiques américaines, qui n’a pu enregistrer tous les ordres passés sur la valeur. Certains, lundi, n’étaient toujours pas exécutés. Pas terrible pour entretenir la confiance, alors que le modèle économique de Facebook reste en devenir. Pendant ce temps-là, le lendemain de l’introduction, Mark Zuckerberg prenait pour épouse la ravissante Priscilla Chan. Pas à Las Vegas, comme dans le film, mais à Palo Alto. Au moins, le patron de Facebook n’est pas prêt de se faire piéger sur la date de son mariage. Il a un bon moyen pour s’en souvenir. Même après la pire des soirées.

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